(La Nouvelle République)-L’Afrique subsaharienne est la région où le poids de la dette pèse le plus lourdement sur les budgets de l’éducation. Dans son rapport Breaking the debt trap: Policy paper on restoring fiscal space to save education, publié le 10 juillet 2026, l’UNESCO indique que les États de la région consacrent en moyenne 3,6 fois plus de ressources au service de la dette qu’à l’éducation. Une situation qui compromet les efforts engagés pour garantir un enseignement de qualité à tous.
À l’échelle mondiale, le phénomène prend de l’ampleur. Selon le rapport, 113 pays, représentant 6,1 milliards d’habitants, dépensent désormais davantage pour rembourser leur dette que pour financer leurs systèmes éducatifs. Dans les pays à faible revenu, les charges liées à la dette sont près de quatre fois supérieures aux dépenses d’éducation.
L’UNESCO s’inquiète également du recul de l’aide internationale. Depuis 2023, les financements extérieurs destinés à l’éducation ont diminué de 21 % dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur. En Afrique, des pays comme le Liberia, le Mali et le Niger ont enregistré des baisses de plus de 40 %, tandis qu’un recul supplémentaire de 30 % est attendu d’ici à 2027.
Pour enrayer cette tendance, l’organisation plaide pour une réforme des mécanismes de gestion de la dette et une meilleure protection des budgets éducatifs. Elle recommande notamment les échanges « dette contre éducation », un renforcement des recettes fiscales et une coopération accrue des partenaires financiers. L’UNESCO estime enfin que les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur accusent encore un déficit annuel de 97 milliards de dollars pour atteindre l’objectif d’une éducation de qualité d’ici à 2030.
Gabriel BLIVI
