(La Nouvelle République)-Le Togo veut renforcer durablement ses recettes publiques au cours des cinq prochaines années. La Stratégie de mobilisation des recettes à moyen terme (SRMT) 2027-2031, élaborée sous l’autorité du ministère des Finances et du Budget, prévoit de faire passer le taux de pression fiscale de 13,3 % du PIB en 2025 à 18,6 % en 2031. Cette trajectoire doit rapprocher progressivement le pays de la norme communautaire de 20 % de l’UEMOA.
481 milliards de recettes supplémentaires
La stratégie repose sur 52 mesures et 144 actions opérationnelles, réparties autour de trois axes : la diversification de l’assiette des recettes, la consolidation de la confiance fiscale et de l’efficacité opérationnelle, ainsi que la transformation digitale et le pilotage de la SRMT.
Selon les projections du document, les mesures à impact financier direct devraient générer 481 milliards de FCFA de recettes additionnelles cumulées entre 2027 et 2031, dont 418,1 milliards de recettes fiscales et 62,9 milliards de recettes non fiscales. Les recettes fiscales liquides passeraient parallèlement de 915,5 milliards de FCFA en 2025 à 2 109,3 milliards en 2031.
La pression fiscale serait portée à 15,6 % en 2027, puis 16,5 % en 2028, 17,4 % en 2029 et 18,1 % en 2030, avant d’atteindre 18,6 % en 2031.
Foncier, numérique et secteur informel ciblés
L’élargissement de l’assiette fiscale constitue l’un des principaux leviers retenus. Le document cible notamment le foncier, l’économie numérique, le secteur informel, la fiscalité environnementale et certaines activités minières.
Dans le domaine foncier, les autorités comptent notamment s’appuyer sur les grilles de valeurs cadastrales et le recensement des propriétés. La mesure relative aux taxes foncières est évaluée à 8,22 milliards de FCFA en 2027, pour un rendement cumulé de 12,21 milliards sur la période.
La stratégie prévoit également d’étendre la collecte de la TVA aux services numériques fournis par des entreprises non résidentes. Cette mesure est évaluée à 21,88 milliards de FCFA sur cinq ans. Le secteur informel devrait, lui, faire l’objet d’une fiscalité davantage structurée, avec notamment la perspective d’un prélèvement forfaitaire unique destiné à accompagner sa formalisation.
Plus de 5,9 milliards pour le numérique
La transformation digitale constitue le volet le plus important du financement de la SRMT. 5,995 milliards de FCFA, soit 57,1 % du coût total, y sont consacrés. Les investissements porteront notamment sur la facturation électronique, l’interopérabilité des systèmes, l’analyse de risque, la cybersécurité et l’exploitation des données.
Le coût global de mise en œuvre est estimé à 10,5 milliards de FCFA sur cinq ans, avec une contribution de l’État de 20 % et des partenaires techniques et financiers de 80 %.
La SRMT entend ainsi installer, d’ici 2031, un système de mobilisation des recettes présenté comme moderne, équitable et fondé sur la donnée, tout en renforçant le recouvrement, la lutte contre la fraude et la qualité du service aux contribuables.
Gabriel BLIVI
