(La Nouvelle République) – La production céréalière du Togo devrait atteindre 1 955 893 tonnes au cours de la campagne agricole 2026-2027, soit une progression de 4,3 % par rapport à la campagne précédente. Cette prévision figure dans la mise à jour de septembre 2026 du Réseau de systèmes d’alerte précoce contre la famine (FEWS NET), consacrée à la situation alimentaire du pays.
Selon cette analyse, les perspectives agricoles sont globalement favorables. L’installation normale des cultures et les conditions de développement observées dans la majeure partie du territoire soutiennent les prévisions de production. Le volume attendu représente également une hausse de 25,2 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années.
Le démarrage des récoltes devrait améliorer progressivement la disponibilité des denrées alimentaires et soutenir les revenus issus des activités agricoles. Les premières récoltes sont déjà disponibles dans les zones à régime pluviométrique bimodal, tandis que d’autres sont attendues à partir d’octobre dans les zones à régime unimodal.
Des disparités persistantes dans le nord
Cette évolution favorable ne profite toutefois pas uniformément à toutes les populations. Dans les préfectures de Kpendjal et de Kpendjal-Ouest, dans la région des Savanes, l’insécurité continue de limiter les déplacements, l’accès à certaines terres agricoles et les échanges commerciaux.
Les ménages déplacés et les réfugiés, dont l’accès à leurs propres productions reste limité, demeurent particulièrement vulnérables. FEWS NET prévoit que certains continueront de faire face à une situation d’insécurité alimentaire aiguë de phase 3, correspondant à la « Crise » selon la classification de l’IPC.
Par ailleurs, le prix moyen du maïs, principale denrée de base, s’établissait à 155 FCFA le kilogramme en septembre 2026. Il était inférieur de 54 % à son niveau de septembre 2025 et de 44 % à la moyenne quinquennale. Si cette baisse favorise l’accès des consommateurs aux céréales, elle réduit aussi les recettes des producteurs qui commercialisent leurs récoltes.
La hausse prévisionnelle de la production constitue ainsi un indicateur favorable pour l’approvisionnement alimentaire national, sans supprimer les difficultés économiques et sécuritaires rencontrées par certaines catégories de ménages.
Gabriel BLIVI
