(La Nouvelle République)-La quatrième édition du Concours « Reine des Sciences & Technologies » a connu son apothéose ce mardi 17 février 2026 à Lomé, lors d’une cérémonie officielle organisée au siège de l’Assemblée nationale. L’événement s’est tenu en présence de plusieurs personnalités institutionnelles, dont le Président de l’Assemblée nationale, Prof Komi Sélom Klassou, des membres du gouvernement, de la Présidente de la Fondation Asaal, Abira Bonfoh, des parlementaires, des membres du corps diplomatique, des autorités locales, ainsi que de chefs traditionnels et autres invités distingués.
Initié par la Fondation Asaal, le Concours « Reine des Sciences & Technologies » vise à promouvoir l’excellence des jeunes filles togolaises dans les disciplines scientifiques et technologiques, tout en encourageant des vocations féminines dans des secteurs historiquement marqués par des inégalités de genre.
Le concours, ciblant les jeunes filles dès le secondaire, récompense les meilleures candidatures à travers un processus rigoureux et transparent. Pour cette édition, une enveloppe globale de 16 millions de francs CFA a été mobilisée pour récompenser les meilleures candidates retenues sur un total de 300 postulantes. La Reine des Sciences & Technologies 2025 est Mlle Dalouba Blessing, avec une moyenne de 17,35, qui reçoit 5 millions de FCFA. La Première Duchesse, Mlle Akande Machkouratou, a obtenu une moyenne de 17,11 et reçoit 3 millions de FCFA. La Deuxième Duchesse, Mlle Kolani Tania, avec une moyenne de 16,81, reçoit 2 millions de FCFA. Les douze autres finalistes bénéficient chacune de 500 000 FCFA.

Valoriser l’audace et l’excellence féminine
Dans son discours de circonstance, le ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou, a rappelé que, malgré les ambitions politiques africaines, la participation des filles dans les filières scientifiques reste limitée. Au Togo, seulement 22 % des étudiantes suivent des parcours scientifiques ou techniques, avec des taux féminins très faibles dans certaines disciplines.
Le ministre a souligné que ce déséquilibre n’était ni biologique ni lié au talent, mais résultait de stéréotypes sociaux, de freins culturels et de parcours scolaires insuffisamment sécurisés pour les filles. C’est dans ce contexte, a-t-il souligné, que le concours « Reine des Sciences & Technologies » prend toute sa légitimité.
« Ce concours identifie l’excellence, la valorise publiquement, l’accompagne dans la durée, et redonne aux jeunes filles le droit de se projeter dans les sciences sans renoncer à elles-mêmes », a martelé le ministre.
L’Assemblée nationale : un engagement pour l’égalité et l’innovation
Pour sa part, le président de l’Assemblée nationale, a salué la quatrième édition du concours comme un moment pour célébrer l’excellence et l’audace féminine dans les sciences et technologies. En accueillant la cérémonie au siège de l’Assemblée nationale, il a affirmé le soutien institutionnel de la représentation nationale à la Fondation Asaal et à sa noble initiative, en phase avec la politique éducative du pays.
le patron de l’hémicycle a rappelé que le concours révèle le potentiel scientifique des jeunes filles et démontre que toutes les disciplines sont accessibles. Il a également souligné les réformes et lois en faveur de l’éducation et de la protection des apprenants, tout en insistant sur l’importance d’offrir à tous les moyens de comprendre et participer à l’innovation dans un monde en pleine mutation technologique.
« Chères lauréates, vous incarnez l’audace et la persévérance. Votre réussite inspire toute une génération et bénéficie du soutien de nos institutions», a déclaré Prof Komi Sélom Klassou.

La Fondation ASAAL : audace, souveraineté et leadership
L’Honorable Abira Bonfoh, Présidente de la Fondation Asaal, promotrice du Concours « Reine des Sciences & Technologies », a insisté sur l’objectif stratégique et visionnaire de l’initiative : « Le talent n’a pas de genre, l’intelligence n’a pas de frontière, et l’avenir scientifique de nos nations ne peut se construire sans les femmes. »
Elle a rappelé que le concours vise non seulement à récompenser les performances académiques, mais aussi à poser les fondements d’une communauté scientifique consciente, engagée et autonome, capable de penser, créer et innover sans dépendances intellectuelles extérieures.
« Votre victoire n’est pas une fin, c’est un commencement : un commencement de responsabilité, d’exigence et de leadership. Marchez avec assurance, rêvez grand et travaillez dur. Votre réussite personnelle est aussi une victoire pour notre pays, pour l’Afrique et pour les générations à venir », a-t-elle lancé à l’endroit des lauréates.
Une initiative structurante et pérenne
Depuis son lancement en 2022, le concours s’est imposé comme un levier de promotion des jeunes talents féminins, offrant formation, mentorat et suivi académique aux participantes. La tenue de la cérémonie dans le siège de l’Assemblée nationale a été perçue comme un symbole fort de l’importance accordée à l’éducation, à l’innovation et au leadership féminin au Togo.
Les organisateurs ont martelé leur ambition de pérenniser cette initiative afin de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de femmes engagées dans les sciences et les technologies, levier essentiel pour le développement économique et social du pays.
Gabriel BLIVI
