(La Nouvelle République)-La fermeture du détroit d’Ormuz, conséquence du conflit dans le Golfe persique, provoque une flambée mondiale des prix des engrais, dont 33 % transitent par ce passage stratégique. La région représente également près de 49 % des exportations mondiales d’urée et 30 % de celles d’ammoniac.
Au Togo, où plus de 70 000 tonnes d’engrais sont distribuées chaque année aux agriculteurs, cette situation menace directement la campagne agricole 2025-2026 et accroît l’inquiétude face aux coûts croissants des intrants. Nos confrères du journal L’Union pour la Patrie ont évoqué le sujet dans leur parution de ce mardi 24 mars 2026.
Pour soutenir les producteurs, le gouvernement togolais subventionne déjà largement les engrais : un sac de 50 kg acheté 30 000 F CFA est vendu aux paysans à 18 000 F CFA, représentant un soutien évalué à environ 18 milliards F CFA pour l’année à venir.
Lambert Dameto NAYANTE, consultant international et président de l’association des importateurs et distributeurs d’engrais, cité par L’Union pour la Patrie, souligne que la faible utilisation actuelle d’engrais par hectare (22,5 kg au lieu des 150 kg recommandés selon les cultures) pourrait aggraver l’impact de cette crise sur la sécurité alimentaire post-Covid-19.
Face à cette urgence, le consultant propose des mesures immédiates : suspension des droits de douane et taxes sur les engrais, réduction des frais portuaires à Lomé, achats groupés avec les pays voisins, élargissement du crédit agricole et des subventions, et création d’une réserve stratégique nationale d’engrais. L’objectif est de maintenir les prix au niveau actuel et d’assurer un approvisionnement suffisant pour éviter une hausse spectaculaire des coûts des denrées alimentaires.
Malgré les défis liés à la sécheresse, la baisse des prix agricoles et les difficultés d’accès au crédit, Lambert Dameto NAYANTE reste optimiste. Il encourage un lobbying actif et la coopération entre le gouvernement et les professionnels du secteur pour garantir une campagne agricole réussie. Si le conflit persiste, la hausse des prix pourrait atteindre 50 %, entraînant une réduction significative de la production agricole dans toute la sous-région et accentuant la vulnérabilité alimentaire du Togo et de ses voisins.
Gabriel BLIVI
