(La Nouvelle République)-En donnant voix à des figures féminines tiraillées entre mémoire, injustice et résilience, la romancière togolaise Solim K.D enrichit le paysage littéraire national de deux nouvelles œuvres d’une grande intensité. Présentés à l’Institut français de Lomé, Nadira et Nous, pour le pire et le meilleur confirment une plume qui conjugue fiction et conscience.
Dans Nadira, Solim K.D remonte près d’un millénaire avant notre ère pour faire revivre un royaume d’Afrique noire à travers le destin d’une orpheline vendue par sa belle-mère. Entre poids des traditions, rapports de force et appel de la liberté, l’auteure interroge les racines du patriarcat et la capacité de résistance des femmes dans les sociétés anciennes.
Son second roman, Nous, pour le pire et le meilleur, s’ancre dans la réalité contemporaine. Le personnage de Gracia, brisée par la perte tragique de son époux lynché par une foule, porte les stigmates d’une violence collective souvent tue. L’auteure y aborde la justice populaire, les non-dits sociaux et la difficulté à reconstruire après la barbarie.
Par une écriture sobre, tendue et expressive, Solim K.D fait dialoguer les époques et les douleurs. Son œuvre se lit comme une mise en garde contre les répétitions de l’histoire et une ode à la mémoire, individuelle comme collective.
Ces deux romans, désormais disponibles en librairie, témoignent d’une littérature togolaise en pleine maturité, où la fiction devient un levier de compréhension du réel et de transmission des valeurs.
Louise LAWSON
