(La Nouvelle République)- Dans la préfecture de Mô, la terre et la tradition se sont donné rendez-vous ce samedi 30 août 2025 pour célébrer la Fête de l’Igname, un événement marquant la fin des récoltes et la communion entre filles et fils du milieu. Placée sous le thème « La culture de la paix et la cohésion sociale, symboles de prospérité », cette édition a mêlé ferveur culturelle, discours engagés et réflexions autour du développement local, dans un contexte où les défis sociaux appellent à une unité toujours plus forte.
Véritable pilier de l’agriculture locale, l’igname a été au cœur des réjouissances, à travers danses, chants et cérémonies traditionnelles de purification. Les agriculteurs ont fièrement exposé leurs plus belles récoltes, témoins de leur résilience face aux aléas climatiques. « L’igname nourrit notre corps, mais cette fête nourrit notre âme collective », a confié un chef coutumier, soulignant la portée spirituelle et communautaire de l’événement.
Au-delà des symboles, les autorités ont profité de cette rencontre pour insister sur l’importance de la paix comme condition préalable à tout développement. Roger Sohan, Directeur régional de la Culture, représentant du ministre, a salué la vigueur agricole de la région et rappelé que les traditions, bien qu’anciennes, restent de puissants leviers pour construire une société harmonieuse. Selon lui, la production locale, lorsqu’elle est valorisée, contribue à élargir le marché intérieur et à consolider la stabilité sociale.
La dimension politique et éducative de la fête a été renforcée par l’intervention de M. Tézike Madodozi, fils du terroir et Secrétaire général du ministère de l’Agriculture. Il a établi un lien direct entre paix et agriculture : « L’agriculture assure la sécurité alimentaire, développe la collaboration et réduit les conflits. C’est donc un facteur de cohésion et de stabilité. » Il a aussi annoncé une série d’émissions radios prévues d’ici décembre sur les thèmes de la sécurité, de la paix et de l’éducation, dans le cadre du 7ᵉ anniversaire de la radio communautaire locale.
Clôturée par la remise de prix aux élèves sportifs de la localité, la Fête de l’Igname 2025 s’est imposée comme un temps fort d’expression identitaire et de plaidoyer pour un avenir commun. « Ici, on ne célèbre pas juste une récolte. On sème les graines de la paix, de l’unité et de la prospérité », a confié une habitante. Le rendez-vous est déjà donné pour 2026, avec l’espoir que les semences de cette édition germeront dans les cœurs et sur les terres.
Gabriel BLIVI
