(La Nouvelle République)-Dans les rues de Lomé et des grandes villes togolaises, les vendeurs d’eau en sachet ( communément appelée Pure Water) sont omniprésents. À 25 ou 50 francs CFA l’unité, ce produit s’est imposé comme une solution pratique et bon marché pour se désaltérer, surtout pendant la saison chaude. Sa popularité repose sur son accessibilité, sa disponibilité immédiate et l’absence d’alternatives aussi rapides pour les citadins pressés.
Le marché est partagé par environ 600 producteurs, majoritairement des petites unités implantées dans les quartiers périphériques. Ces structures génèrent des emplois et des revenus essentiels pour de nombreuses familles, tandis qu’un réseau de revendeurs assure la distribution jusque dans les zones rurales. Malgré son importance économique, ce secteur reste en grande partie informel et difficile à réguler.
Les conditions de production et de stockage de l’eau en sachet posent problème. Certaines installations sont insalubres, les pratiques non conformes aux normes d’hygiène, et les sachets peuvent être exposés au soleil ou manipulés sans précaution, rendant l’eau impropre à la consommation et mettant en danger la santé des consommateurs.
En décembre 2020, le gouvernement togolais avait annoncé la reprise des contrôles qualité pour les producteurs privés d’eau en sachets et en bouteilles. Les inspections, menées par le Comité interministériel de contrôle de la production et de l’exploitation des eaux minérales, visaient à « s’assurer de la potabilité de toutes les eaux destinées à la consommation humaine et garantir la santé des consommateurs ». Cette mesure visait aussi à mettre fin à l’exploitation de producteurs sans agrément officiel.
Ouro Korigoh, porte-parole de l’Association des producteurs de pure water, a souligné la nécessité d’un encadrement renforcé : « Il faut faire la chasse aux clandestins et le gouvernement doit nous aider. » Il préconise même la création d’une « police de l’eau » pour surveiller la production et protéger les consommateurs.
Le défi reste donc de concilier sécurité sanitaire et survie économique. Garantir une eau potable fiable tout en préservant les emplois générés par ce marché informel reste un enjeu majeur pour le Togo, où l’eau en sachet continue de jouer un rôle central dans l’alimentation quotidienne des populations.
Gabriel BLIVI
