(La Nouvelle République)-Le Nigeria affiche l’ambition de faire passer son industrie pharmaceutique de 2 à 10 milliards de dollars d’ici 2030. Malgré une croissance annuelle moyenne de 9,1 % entre 2016 et 2023, le secteur reste encore fragile. La majorité des médicaments consommés dans le pays sont importés, alors que le gouvernement vise une production locale couvrant 70 % des besoins.
L’extension de cette industrie passe par une augmentation de la demande intérieure. Or, seuls 5 % des Nigérians disposent d’une assurance santé, freinant l’achat de médicaments. La Banque mondiale recommande de cibler la production sur les médicaments essentiels et d’encourager les achats groupés pour stimuler la consommation locale.
Le développement du secteur nécessite aussi de surmonter plusieurs obstacles : retards douaniers, pénurie de principes actifs, manque de main-d’œuvre qualifiée et problèmes d’approvisionnement en énergie. Le financement et la lenteur des procédures réglementaires freinent également les investissements industriels.
Pour atteindre ses objectifs, le Nigeria devra combiner politiques publiques ambitieuses et réformes structurelles. Une transformation du secteur pharmaceutique pourrait renforcer l’indépendance sanitaire du pays tout en créant de nouveaux leviers de croissance.
Adèle AMOUZOU
