(La Nouvelle République)-Les États-Unis œuvrent à la finalisation d’un accord de paix en République démocratique du Congo (RDC), mais posent une exigence claire : le retrait total des troupes rwandaises de l’est du pays, ont révélé plusieurs sources diplomatiques.
Ce préalable, inscrit dans un projet d’accord consulté par Reuters, risque de crisper Kigali, qui considère les milices basées en RDC, notamment les FDLR, comme une menace persistante. Le projet va plus loin qu’une précédente déclaration de principes signée à Washington en avril 2025, en présence du secrétaire d’État américain Marco Rubio.
Trump veut aller vite
L’administration Trump, par la voix de son conseiller principal pour l’Afrique, Massad Boulos, affirme vouloir conclure un accord « d’ici deux mois ». L’enjeu est de mettre fin aux combats meurtriers dans cette zone stratégique riche en cobalt, or, lithium et autres minerais critiques, tout en ouvrant la voie à d’importants investissements occidentaux.
Washington accuse le Rwanda d’avoir déployé entre 7 000 et 12 000 soldats pour soutenir les rebelles du M23, qui ont conquis les principales villes du Nord-Kivu cette année. Kigali dément toute implication directe.
Pressions sur Kigali et Kinshasa
Le projet américain propose un mécanisme de sécurité conjoint incluant des observateurs militaires étrangers. Il offre aussi une ouverture controversée : permettre au M23 de participer à un dialogue national, ce que Kinshasa refuse jusqu’ici.
Un haut responsable congolais a dénoncé l’attitude du Rwanda, accusé de « traîner les pieds » dans le processus, et insiste : « Nous ne ferons aucun compromis sans retrait total des troupes rwandaises ».
Le Qatar et le Togo impliqués
Doha joue un rôle discret mais central dans les négociations. Un projet de compromis aurait été transmis aux délégations du Rwanda et de la RDC, qui consultent actuellement leurs capitales.
Parallèlement, une médiation africaine est en cours sous l’égide de Faure Gnassingbé, président du Conseil du Togo, mandaté par l’Union africaine pour rapprocher les positions de Kinshasa et Kigali.
Le chemin vers la paix reste semé d’embûches, mais l’implication américaine et régionale redonne une impulsion à un processus enlisé depuis des années.
Gabriel BLIVI
