(La Nouvelle République)-Le 6 juin 2025, premier jour de la lapidation des stèles, marque une étape majeure du Hadj. Parmi les milliers de musulmans présents à La Mecque pour ce pèlerinage sacré, 2425 Togolais ont pris part à ce rite symbolique, après leur journée de méditation au mont Arafat et leur nuit passée à Mouzdalifa.
Après une journée intense de recueillement au mont Arafat, où chaque pèlerin a imploré le pardon divin, les fidèles ont vécu une nuit sous les étoiles à Mouzdalifa. Ce moment est un rappel de l’égalité entre tous les hommes, sans distinction ni privilège. Reprenant des forces spirituelles, les pèlerins se sont ensuite dirigés en grandes colonnes vers le site du Djamarat, lieu où ils doivent jeter des pierres sur des stèles symbolisant Satan.
Avec détermination, empressés les uns contre les autres, ils ont jeté une à une les sept pierres qu’ils avaient ramassées, visant la première des trois stèles. Ce geste symbolique est accompagné de la ferme intention de rejeter Satan, le blâmant et l’éloignant une fois pour toutes de leur chemin de vie.
L’imam Sanni Karim explique la portée spirituelle de cet acte : « Le lancer de ces pierres rappelle l’action du prophète Ibrahim et de sa famille. Selon le texte sacré, le diable leur apparut trois fois en cet endroit précis : d’abord pour décourager Ibrahim dans sa volonté d’immoler son fils Ismaël ; ensuite pour tenter de convaincre Hagar, mère d’Ismaël, de s’opposer à cette décision ; et enfin, pour inciter l’enfant lui-même à refuser la soumission à son père. » Ces trois apparitions sont symbolisées par les trois stèles, de taille décroissante.
Pour Azia Aïcha, pèlerine, « en lapidant ces stèles, chaque croyant affirme qu’à partir de cet instant, Satan ne pourra plus jamais le détourner de ses bonnes œuvres, ni de sa dévotion envers Allah. »
Le rite s’étale sur trois jours : le premier est consacré à la grande stèle, le second à la moyenne, et le troisième à la plus petite. Après la première journée, les pèlerins peuvent retirer leur tenue de sacralisation (ihram) avant de poursuivre les deux derniers jours de lapidation.
Ce rituel, appelé Djamarat, symbolise la victoire du bien sur le mal et le rejet des tentations de Satan, un moment clé du Hadj et de la foi musulmane.
