(La Nouvelle République)-Le rapport « African Health Workforce Compact | Investment Case Analysis Report », publié le 29 janvier 2026, par les Africa Centres for Disease Control and Prevention (Africa CDC), chiffre l’ampleur du déficit en ressources humaines pour la santé en Afrique. Il estime que le continent devra mobiliser plus de 6 millions de professionnels supplémentaires d’ici 2030 pour répondre aux besoins essentiels des populations.
L’analyse projette des écarts importants de densité de personnel de santé entre pays et régions, avec des niveaux bien en-deçà des seuils requis pour assurer une couverture sanitaire minimale. Les métiers de première ligne — infirmiers, sages-femmes et agents de santé communautaires — concentrent l’essentiel des besoins de recrutement à court terme.
Sur le plan financier, le rapport évalue les coûts d’investissement à plusieurs dizaines de milliards de dollars sur la période 2025–2030, incluant formation, recrutement et rétention. En contrepartie, les retombées économiques attendues sont présentées comme significatives, avec des gains de productivité et de croissance à long terme.
À l’horizon 2063, les scénarios modélisés montrent qu’un sous-investissement prolongerait durablement les déficits, tandis qu’un effort soutenu permettrait de réduire structurellement l’écart de main-d’œuvre et d’améliorer les indicateurs de couverture des soins. Le rapport appelle ainsi à un changement d’échelle chiffré et planifié des politiques publiques.
Gabriel BLIVI
