(La Nouvelle République)-La montée des pseudo-influenceurs dans la diaspora togolaise est un phénomène alarmant. Ces individus, souvent sans aucune légitimité politique, se présentent comme des porte-paroles des luttes contre un régime qu’ils qualifient d’autoritaire. Pourtant, loin d’apporter des solutions réalistes, ils se contentent de flatter les émotions populaires, alimentant une agitation inutile qui détourne l’attention des véritables enjeux.
Leurs discours, souvent populistes et superficiels, manquent de toute analyse politique sérieuse. Ils lancent des appels à la révolte ou à la mobilisation de masse sans fondement ni stratégie, transformant ainsi une cause légitime en un spectacle médiatique. En multipliant les déclarations contradictoires et les attaques sans nuance, ces influenceurs n’apportent aucune vision constructive pour le Togo, mais exacerbent au contraire les divisions internes.
Au lieu de canaliser les frustrations populaires vers un véritable changement, ces pseudo-leaders exploitent les frustrations pour leur propre gain. Leur influence repose sur un discours émotionnel qui, loin de remettre en question le pouvoir de manière structurée, envoie un message erroné et dangereux à une jeunesse en quête de repères. Ils n’ont ni la légitimité ni la connaissance nécessaire pour conduire une lutte efficace, et leur présence sur les réseaux sociaux ne fait qu’amplifier la confusion.
Finalement, ce phénomène sert davantage à affaiblir les vrais mouvements politiques qu’à les soutenir. En s’attribuant des rôles de leaders sans aucune base sérieuse, ces influenceurs déstabilisent les actions de ceux qui œuvrent pour un changement durable et réfléchi. En mettant en avant des figures sans véritable substance, ils retardent l’avènement d’un véritable projet politique pour le Togo et éloignent le pays d’une transformation véritable.
Gabriel BLIVI
