(La Nouvelle République)-Alors que la communauté de Mission-Tové s’efforce de tourner la page du décès de son chef canton, Mawulom KPELLY III, la gestion de sa succession a mis en lumière les manœuvres d’obstruction persistantes de l’un de ses héritiers, André Mawuto KPELLY. Contestations systématiques, blocages procéduraux et refus de consensus. Bref ses agissements apparaissent comme le principal frein à une transition pacifique au sein de la chefferie. Pourtant, le processus ayant abouti à la désignation de Mama Dogbéda KPELLY IV s’est déroulé dans le strict respect des textes en vigueur, notamment la loi n°2007-002 du 8 janvier 2007 relative à la chefferie traditionnelle au Togo et son décret d’application n°2016-028/PR du 11 mars 2016, au grand dam de ceux qui, de mauvaise foi, persistent à en contester la légitimité. Récit.
L’absence de cadre préparé… et le refus de s’inscrire dans les règles
Au décès du chef canton le 11 décembre 2020, aucune indication officielle sur son successeur n’avait été laissée, et aucun conseil coutumier n’était formé. C’est dans ce vide institutionnel que l’autorité préfectorale a pris ses responsabilités en accompagnant la communauté dans la mise en place du conseil de trône et du conseil coutumier, conformément à la loi n°2007-002 et au décret d’application n°2016-028/PR.
Alors que ces organes ont été installés avec l’accord des chefs traditionnels de la préfecture, André Mawuto KPELLY s’est rapidement illustré par son rejet des structures mises en place. Refusant de reconnaître les décisions du conseil de trône, il s’est opposé à toute proposition qui n’allait pas dans le sens de sa propre candidature.
Une candidature personnelle en décalage avec les règles de filiation
Si les textes législatifs confient la compétence de désignation au conseil coutumier, André Mawuto KPELLY a préféré imposer sa volonté en dehors du cadre établi. Sa position d’héritier direct n’a jamais suffi à elle seule à garantir un droit automatique au trône. De plus, il n’a jamais initié de démarche structurée en ce sens auprès du conseil coutumier, préférant multiplier les courriers de contestation et les pressions indirectes.
Ses prises de position publiques, parfois confuses, témoignent d’un malaise dans la construction même de sa légitimité. Dans plusieurs correspondances, il a alterné entre revendication d’un droit héréditaire absolu et rejet de tout processus qui ne le désignerait pas lui-même, mettant en évidence une logique plus personnelle que communautaire.
Blocages, plaintes et manœuvres
En dépit des formations reçues par les membres du conseil coutumier sur les règles de succession, la bonne gouvernance et la résolution pacifique des différends, les actions d’André Mawuto KPELLY ont systématiquement paralysé les initiatives de médiation. Il a notamment refusé de prendre part aux consultations ouvertes par le conseil, perturbant à plusieurs reprises les réunions en formulant des accusations contre des membres pourtant désignés de manière consensuelle.
En parallèle, il a déposé des plaintes contre les institutions locales impliquées dans la procédure de désignation, ainsi que contre des individus membres de sa propre famille, complexifiant encore la recherche d’un accord.
Une tentative de prise en main extérieure du processus
Certaines sources indiquent qu’André Mawuto KPELLY aurait sollicité des soutiens extérieurs pour influencer la décision préfectorale, notamment en diffusant des allégations infondées sur les autorités traditionnelles et administratives. Ces démarches, souvent appuyées par des relais sur les réseaux sociaux, ont contribué à alimenter la suspicion et la division au sein du canton.
Dans une affaire de succession coutumière, ce recours à des leviers extérieurs au cadre communautaire est perçu par plusieurs notables comme une rupture avec les valeurs de dialogue et de respect des aînés.
Une désignation conforme à la loi malgré les pressions
Malgré ces entraves, le conseil coutumier a désigné Mama Esi Dogbéda KPELLY IV comme cheffe canton, après consultation des membres de la famille royale élargie. Cette désignation, transmise aux autorités préfectorales et validée au niveau ministériel, est le fruit d’un long processus, renforcé par une enquête de moralité complète.
Cette décision n’a pas été sans opposition, mais elle incarne un retour au respect des règles collectives, loin des pressions individuelles.
Vers un nécessaire dépassement
L’attitude d’André Mawuto KPELLY, bien que présentée par lui comme une volonté de défendre une légitimité, s’est révélée au fil du temps être un facteur de blocage. Sa réticence à accepter les mécanismes coutumiers et son isolement progressif dans le débat posent désormais la question de sa capacité à œuvrer pour l’unité du canton.
« Le matamore qui défend son cousin Mawuto doit comprendre que si jusqu’alors, il n’est pas répondu à ses commentaires insipides, truffés de contrevérités et dénués de bon sens, c’est parce que l’on a cru, après tout, à un sursaut de sagesse de sa part, nous avoue un cadre du milieu citant Sénèque en ces termes « Pour faire taire autrui, commence par te taire ».
Pour lui, Mission-Tové ne manque ni de gens capables ni de compétences pour accepter comme chef de canton un homme sans scrupules et sans respect aucun pour autrui.
Au-delà des divergences internes, l’enjeu principal reste la paix, l’unité et la stabilité du canton de Mission-Tové. Le respect des règles traditionnelles, des procédures administratives et des valeurs morales doit guider chaque prétendant ou acteur du processus coutumier. La reconnaissance de Mama Dogbéda KPELLY IV s’inscrit dans la continuité historique de la lignée GOZO, selon les traditions du milieu éwé. Il appartient désormais à chacun de dépasser les différends et de contribuer à la cohésion sociale dans le respect des institutions traditionnelles.
La Rédaction
