(La Nouvelle République)-Les paris sportifs se développent rapidement au Togo et séduisent particulièrement les jeunes. Dans les quartiers et sur internet, un simple téléphone et un petit billet suffisent pour tenter de gagner de l’argent rapidement. Ce qui commence comme un simple jeu devient très vite une obsession pour ceux qui espèrent transformer leur quotidien. Kossi, 23 ans, étudiant à Lomé, confie : « J’ai commencé avec seulement 500 F CFA. Un jour, j’ai gagné 50 000 F et depuis, je ne peux plus m’arrêter. Chaque match devient une nécessité, pas un plaisir. »
L’accessibilité des plateformes et les publicités vantant des gains faciles attirent massivement la jeunesse. Les opérateurs exploitent la passion pour le football et donnent l’illusion d’une richesse accessible à tous. Christelle, 21 ans, explique : « Au début, je pensais juste m’amuser, mais j’ai perdu presque tout l’argent que je mettais de côté pour mes études. Maintenant, c’est difficile de m’arrêter. »
Les conséquences sociales et économiques sont préoccupantes. Beaucoup dépensent toutes leurs économies, s’endettent et négligent études et travail, provoquant des tensions familiales. Komi, jeune vendeur de rue, raconte : « Mes parents ne comprennent pas pourquoi je ne leur donne plus d’argent pour la maison. Je mens souvent pour continuer à parier. » Le pari devient une addiction silencieuse qui bouleverse le quotidien et menace les projets d’une génération entière.
Le cadre légal reste insuffisant pour protéger les jeunes. Les campagnes de sensibilisation sont rares et les parents souvent dépassés par cette nouvelle réalité. Il est essentiel d’informer, d’encadrer et d’accompagner pour limiter les dégâts et aider la jeunesse à retrouver un équilibre.
Il est urgent d’agir avant que ce fléau ne s’aggrave. Les paris sportifs ne sont pas un simple divertissement mais représentent un véritable danger pour l’avenir des jeunes Togolais, nécessitant une mobilisation collective de toute la société.
Gabriel BLIVI
