(La Nouvelle République)-L’incident survenu lors du concert de l’artiste ivoirien Himra, organisé par CDK Group au stade omnisports de Lomé le 04 avril 2026, continue de susciter des réactions au sein du milieu culturel et des autorités compétentes. Après l’intervention du comité mis en place par le ministère de la Culture, le promoteur CDK Group a pris position et annoncé une mesure forte à l’encontre de l’artiste Anadaboy.
Pour rappel, un incident s’était produit lors de la prestation de l’artiste togolais Anadaboy, une séquence jugée choquante par une partie du public et largement relayée dans l’opinion. Le comité de suivi avait immédiatement ouvert une procédure d’audition, convoquant l’organisateur et l’artiste afin de recueillir les différentes versions des faits et de transmettre un rapport au ministère de tutelle.
Selon ce comité, l’incident, qualifié d’« incident de parcours », ne semblait pas avoir été intentionnel, les échanges laissant entendre un non-respect involontaire du cadre contractuel encadrant la prestation artistique. Le dossier a été transmis au ministère de la Culture, seul habilité à décider d’éventuelles sanctions administratives.
Dans la foulée de cette procédure, le promoteur CDK Group, à travers son responsable Coco De Koffi, s’est exprimé publiquement sur la polémique. Invité d’une émission radiophonique en langue locale, il a rappelé la ligne directrice de ses événements et les objectifs assignés aux productions culturelles de sa structure.
« Ce qui s’est passé avec l’artiste sur scène n’était pas l’objectif de CDK Group. Notre objectif est de sensibiliser les jeunes et de promouvoir la culture togolaise », a-t-il indiqué, estimant que la prestation de l’artiste s’était écartée du cadre initialement défini.
Dans ce contexte, CDK Group a pris la décision de ne plus programmer l’artiste Anadaboy lors de ses futurs événements. Une mesure que le promoteur justifie à la fois par la nécessité de préserver l’orientation de ses activités et par la pression de l’opinion publique.
« Personnellement, lorsque je l’inviterai encore, je serai critiqué par le public », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant un certain regret face à cette rupture professionnelle.
L’affaire intervient alors même que l’artiste avait déjà présenté publiquement ses excuses, tout comme les organisateurs de l’événement. Elle met en lumière les tensions persistantes autour de la liberté de création artistique et des exigences de conformité aux normes sociales et culturelles dans l’organisation de grands événements au Togo.
De son côté, CDK Group réaffirme sa volonté de maintenir une ligne axée sur la sensibilisation, la promotion des talents et l’encadrement des jeunes artistes, tout en respectant les valeurs culturelles et le cadre légal en vigueur.
Gabriel BLIVI
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
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