Selon les projections du rapport, une augmentation significative des investissements dans la recherche et l’innovation en santé pourrait générer jusqu’à 668 milliards de dollars de croissance du PIB africain sur les deux prochaines décennies. Cette dynamique serait conditionnée à une hausse des budgets publics consacrés à la santé et à la R&D, avec pour objectif de tendre vers 1 % du PIB dans de nombreux pays africains.
Le rapport souligne par ailleurs un déséquilibre structurel majeur : bien que l’Afrique supporte près d’un quart de la charge mondiale de morbidité, elle reste faiblement représentée dans la production scientifique et les essais cliniques. Cette situation limite la capacité du continent à développer des solutions adaptées à ses propres enjeux sanitaires et renforce sa dépendance vis-à-vis des importations pharmaceutiques.
Au-delà de la dimension sanitaire, les auteurs estiment que le développement d’un écosystème de recherche robuste pourrait avoir des effets d’entraînement importants sur l’économie, notamment à travers la création d’emplois qualifiés, le développement d’une industrie pharmaceutique locale et le renforcement de la souveraineté sanitaire face aux futures crises.
Enfin, le document appelle à une coopération renforcée entre les institutions africaines et internationales pour structurer des investissements durables dans la recherche. Il présente la R&D en santé non seulement comme un impératif médical, mais comme un levier stratégique de croissance et de transformation économique à long terme pour l’Afrique.
Gabriel BLIVI
