(La Nouvelle République)-La multiplication des lycées scientifiques et la volonté d’implanter des collèges scientifiques dans les préfectures traduisent une nouvelle ambition pour l’éducation togolaise. Le gouvernement veut renforcer l’excellence et mieux préparer les jeunes aux besoins du marché de l’emploi. Cette dynamique pourrait également inspirer un effort plus soutenu en faveur de la formation agricole, secteur stratégique pour l’économie et l’avenir du pays.
Le Togo dispose déjà d’un dispositif de formation agricole, notamment à travers l’INFA de Tové. Mais face aux enjeux de modernisation de l’agriculture, aux besoins de compétences et à la nécessité de créer davantage d’emplois pour les jeunes, l’offre pourrait être renforcée et rapprochée des territoires. Des établissements agricoles modernes pourraient former aux techniques de production, à l’élevage, à la mécanisation, à l’irrigation et à la transformation.
L’enjeu est aussi de changer le regard porté sur les métiers agricoles. Dans des fermes-écoles, les jeunes pourraient apprendre à produire, mais également à gérer une exploitation, transformer les produits et développer une activité rentable. L’agriculture deviendrait ainsi davantage un espace d’innovation, d’entrepreneuriat et de création d’emplois.
Alors que le pays accélère sur les sciences et les technologies, le développement d’un véritable réseau de lycées agricoles modernes pourrait constituer un autre chantier d’avenir. Il ne s’agirait pas d’opposer sciences et agriculture, mais de les faire dialoguer. Car la modernisation de l’agriculture aura elle aussi besoin de jeunes formés aux sciences, aux technologies et à l’entrepreneuriat pour nourrir l’ambition de souveraineté alimentaire du Togo.
Gabriel BLIVI
