(La Nouvelle République)-Réunies en conférence de presse ce jeudi 3 septembre 2026 à Lomé, plusieurs organisations de la société civile, regroupées au sein du Réseau Panafricain des Organisations de Défense des Droits de l’Homme, ont tenu à clarifier le débat entourant les réformes institutionnelles au Togo.
Par la voix de leur coordonnateur, Me Bertin K. Amegah-Atsyon, les conférenciers sont revenus sur l’arrêt n° ECW/CCJ/JUD/01/26 rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de Justice de la CEDEAO. L’objectif est de dénoncer ce qu’ils qualifient de « manœuvre de récupération politicienne » et d’interprétation erronée de la part de l’opposition.
Sur le plan juridique, le Réseau rappelle fermement que la décision de la juridiction communautaire revêt un caractère essentiellement déclaratif et ne remet pas en cause l’architecture institutionnelle togolaise. La société civile souligne ainsi que la Cour n’a en aucun cas annulé la Constitution du 6 mai 2024, ni ordonné le rétablissement du texte de 1992 ou l’instauration d’une transition politique. De surcroît, la décision retient qu’aucune preuve n’a été apportée démontrant que les citoyens togolais auraient été empêchés de participer au processus électoral ou à la gestion des affaires publiques.
Démontant l’argumentaire du mémorandum publié par les partis d’opposition, les représentants de la société civile affirment qu’il n’existe aucune crise ni rupture constitutionnelle au Togo, les institutions de la République fonctionnant de manière régulière. Ils insistent sur le fait que le pouvoir de réviser la Loi fondamentale relève de la souveraineté exclusive du peuple togolais et de ses instances nationales.
Qualifiant les démarches de l’opposition de tentatives de désinformation destinées à se recomposer une visibilité politique, les conférenciers ont appelé les citoyens à ne pas se laisser instrumentaliser.
En conclusion de leur déclaration, les acteurs du Réseau Panafricain ont lancé un appel au calme, à la retenue et au sens des responsabilités. Tout en reconnaissant la légitimité des désaccords au sein d’une démocratie vivante, ils invitent la classe politique et l’ensemble de la société à rejeter la radicalisation au profit d’un dialogue national constructif.
Pour ces organisations, l’avenir du pays repose sur la préservation de la stabilité institutionnelle et la recherche d’un compromis républicain axé sur l’intérêt supérieur de la Nation.
Gabriel BLIVI
