(La Nouvelle République)- La jeunesse francophone entend désormais passer des revendications aux propositions concrètes. Réunis les 1er et 2 octobre à l’hôtel Sarakawa de Lomé, les membres du Réseau international de la jeunesse de la Francophonie (RIJF) ont élaboré des recommandations destinées au XXe Sommet de la Francophonie, prévu les 15 et 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge.
Au terme de deux jours de concertation, une trentaine de jeunes venus de plusieurs espaces francophones, notamment du Québec, du Cameroun et du Liban, ont adopté à l’unanimité une série de propositions visant à renforcer leur participation au développement économique, social et politique de leurs communautés.

L’emploi, l’entrepreneuriat et l’innovation ont constitué le fil conducteur des discussions. Les consultations préalables menées auprès des membres du Réseau révèlent que près de 95 % des jeunes interrogés considèrent ces leviers comme essentiels à la construction de sociétés plus stables et pacifiques.
Les travaux ont ainsi débouché sur trois principales orientations. La première porte sur l’amélioration de l’accès aux financements, particulièrement pour les jeunes entrepreneurs des zones rurales, confrontés aux contraintes administratives et à l’éloignement des dispositifs d’accompagnement.
La deuxième recommandation concerne leur implication dans les processus de décision publique. Pour les participants, la jeunesse doit dépasser le simple statut de bénéficiaire ou de groupe consulté et prendre part à l’élaboration des politiques qui la concernent.
Le troisième axe vise à rapprocher les formations des réalités du marché de l’emploi, en développant des passerelles entre les compétences acquises et les opportunités professionnelles.

Cette concertation a également bénéficié des contributions de Lara Vila Fité, d’Andorre, et de Dany Vassyli Mugisha, du Rwanda, porte-parole élus lors de la 11e édition du Parlement francophone des jeunes, organisée à Yaoundé en juillet 2026.
Présente à la cérémonie de clôture, l’Administratrice de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Caroline St-Hilaire, a salué la pertinence des propositions et réaffirmé l’importance de l’engagement des jeunes dans la gouvernance de l’espace francophone.
« Ces recommandations interpellent l’OIF, nos États, le secteur privé, mais elles vous interpellent aussi. N’attendez pas qu’on vous donne la place. Ne vous découragez pas lorsqu’on vous met des bâtons dans les roues : prenez votre place », a-t-elle déclaré.
Elle a également souligné que la prochaine programmation de l’OIF, prévue pour 2027, constituera une opportunité d’intégrer les préoccupations exprimées par les jeunes.
Pour assurer le relais de ces propositions au sommet de Phnom Penh, deux porte-parole ont été désignés; il s’agit de Irène Fouyaba Pambiang, de l’organisation tchadienne Women Success, et Élisée Ditcharé, du Bénin, Secrétaire général du RIJF et membre de son Conseil d’administration.
Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique plus large de participation citoyenne au sein de la Francophonie. Réunie à Cotonou les 28 et 29 septembre 2026, l’Assemblée plénière de la Conférence des organisations internationales non gouvernementales de la Francophonie (COING) a également défini ses priorités en perspective du sommet.
Né en 2022 à la suite de la consultation « La Francophonie de l’avenir », qui avait mobilisé plus de 10 000 jeunes en 2020, le RIJF regroupe aujourd’hui 448 organisations de jeunesse issues de 34 États et gouvernements membres de l’OIF.
À Lomé, les participants ont par ailleurs exprimé leur souhait de voir cette consultation renouvelée. Une ambition qui traduit leur volonté de faire de la participation des jeunes un mécanisme durable de dialogue et d’influence dans les orientations de la Francophonie.
Jean-Marc Edron
