(La Nouvelle République)-L’adoption en première lecture du projet de loi d’orientation agricole ouvre une nouvelle perspective pour le secteur agricole togolais. Mais au-delà de cette avancée législative, l’enjeu principal réside désormais dans la mise en œuvre effective des dispositions prévues. C’est autour de cette exigence que se dessine la prochaine étape d’une réforme destinée à améliorer la production, à renforcer la souveraineté alimentaire et à faire de l’agriculture un moteur de création de richesses et d’emplois.
Le jeudi 22 octobre 2026, les députés ont adopté le texte au cours de la quatrième séance plénière de la deuxième session ordinaire de l’année, au palais de l’Assemblée nationale. Les travaux étaient présidés par le professeur Komi Sélom Klassou, Président de l’institution, en présence de Gilbert Bawara, ministre des Relations avec le Parlement et les Institutions, d’Antoine Lékpa Gbégbéni, ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, et de Jean-Marie Koffi Ewonoulé Tessi, ministre de la Santé, de l’Hygiène publique, de la Couverture sanitaire universelle et des Assurances.

Le projet de loi entend établir un cadre juridique cohérent pour soutenir la modernisation de l’agriculture. Il prévoit notamment des orientations portant sur l’amélioration des rendements, la mécanisation, l’irrigation, la recherche agricole, la sécurisation foncière et la gestion durable des ressources naturelles. Le renforcement de l’accès des producteurs aux financements et aux marchés, ainsi que le développement de la transformation locale, figurent également parmi les priorités.
Pour l’honorable Aklesso Atcholi, président du groupe parlementaire Union pour la République (UNIR), cette réforme représente un choix déterminant pour l’avenir du pays. Elle doit permettre de donner au secteur une vision de long terme, tout en améliorant les revenus des producteurs et en ouvrant de nouvelles perspectives à la jeunesse.
« En adoptant une loi d’orientation agricole, nous faisons le choix de donner à notre agriculture un cadre clair, une vision de long terme et un cadre propice à son développement. Nous reconnaissons ainsi que la terre togolaise valorisée chaque jour par le travail et la persévérance de milliers de femmes et d’hommes constitue un patrimoine stratégique et un piller fondamental de notre souveraineté alimentaire. », a-t-il déclaré.
Le président du groupe parlementaire UNIR a également insisté sur la nécessité d’accompagner les producteurs par un accès facilité aux équipements, aux financements et aux débouchés commerciaux. L’amélioration de la rémunération du travail agricole, la préservation des ressources naturelles et la participation accrue des jeunes et des femmes constituent, à ses yeux, des conditions importantes pour rendre le secteur plus attractif et plus performant.
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Le ministre Antoine Lékpa Gbégbéni a salué l’adoption du texte et remercié les députés pour leurs contributions. Il a souligné que les échanges parlementaires ont permis de mieux prendre en compte les réalités des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs. Il a également rappelé que la réforme s’inscrit dans la vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, articulée autour du triptyque « Rassembler, Transformer, Protéger ».
« En adoptant ce projet de loi en première lecture, vous avez ouvert une nouvelle perspective pour l’agriculture togolaise. Vous avez affirmé qu’elle mérite une vision de long terme, un cadre cohérent et une mobilisation nationale à la hauteur des enjeux. », a-t-il affirmé devant les élus.

Le ministre a toutefois insisté sur le fait que l’adoption parlementaire ne constitue pas une fin en soi. La publication des textes d’application, la mobilisation des ressources nécessaires et la concertation entre les pouvoirs publics, le secteur privé et les organisations professionnelles seront indispensables pour traduire les orientations législatives en résultats concrets.
Le Président de l’Assemblée nationale, Komi Sélom Klassou, a partagé cette exigence de résultats. Il a mis en avant l’importance d’accroître les capacités de production et de développer la transformation locale afin de renforcer la valeur ajoutée nationale et de soutenir l’industrialisation. Il a appelé le gouvernement à accélérer l’élaboration des textes d’application et à associer pleinement les acteurs concernés à la mise en œuvre de la réforme.
L’institution parlementaire entend également assurer le suivi de cette politique dans le cadre de sa mission de contrôle. L’objectif est de veiller à ce que les orientations adoptées produisent des effets tangibles pour les exploitants et pour l’ensemble de la population. Cette ambition rejoint les efforts de développement agricole engagés auprès des producteurs dans les régions du pays.
Inscrite dans l’ambition de faire du Togo une nation souveraine en matière de sécurité alimentaire, cette réforme devra maintenant passer de la norme à l’action. L’amélioration des rendements, la valorisation des productions, la création d’emplois et le renforcement des revenus ruraux constitueront autant d’indicateurs permettant d’apprécier sa portée réelle. C’est dans sa mise en œuvre que se jouera, en définitive, la capacité de cette loi à transformer durablement l’agriculture togolaise.
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