(La Nouvelle République)-Pendant des années, un réseau aurait aidé de riches contribuables français à cacher leur argent à l’étranger pour échapper à l’impôt. Révélée en 2018 sous le nom de « Dubaï Papers », cette affaire est jugée depuis le 2 novembre à Paris. Treize personnes et trois sociétés comparaissent. Les audiences doivent se poursuivre jusqu’au 3 décembre.
Selon l’accusation, les sociétés Jawer puis Hélin auraient organisé la dissimulation de plus de 200 millions d’euros appartenant à 322 contribuables français. Elles auraient utilisé 658 sociétés offshore, des entreprises enregistrées à l’étranger servant ici à masquer les propriétaires des fonds.
Le prince belge Henri de Croÿ figure parmi les principaux prévenus, aux côtés de dirigeants, d’employés et d’intermédiaires. Les poursuites concernent notamment la complicité de fraude fiscale, le blanchiment en bande organisée et l’association de malfaiteurs.
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Argent dissimulé
Pour permettre aux clients de récupérer leur argent discrètement, le réseau aurait eu recours à des remises d’espèces et à des cartes bancaires prépayées. Des entreprises auraient également utilisé de fausses factures pour diminuer leurs bénéfices déclarés, puis récupérer les sommes à l’étranger.
D’après l’AFP, le système aurait permis à plus d’une centaine de contribuables d’éviter au moins 54 millions d’euros d’impôts entre 2007 et 2018. Les 200 millions correspondent, eux, aux avoirs dissimulés.
L’enquête s’appuie notamment sur des documents internes transmis anonymement au Parquet national financier en janvier 2019. Ces pièces ont permis aux enquêteurs de reconstituer les circuits financiers. Le tribunal doit désormais déterminer les responsabilités de chacun dans cette organisation présumée.
Gabriel BLIVI
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