(La Nouvelle République)-Le meeting du Cadre National de Concertation pour le Changement au Togo (CNCC), organisé dimanche 8 novembre 2026 à Attikoumé, dans la commune de Tsévié, intervient dans un contexte où la question de la responsabilité de l’opposition politique revient avec insistance dans le débat national. Au-delà de la mobilisation autour de cette rencontre, c’est surtout la nature du discours politique de l’opposition qui mérite réflexion.
Depuis plusieurs mois, des responsables politiques de l’opposition multiplient les sorties médiatiques, les conférences de presse et les interventions radiophoniques. Si ces initiatives participent à l’animation démocratique, elles donnent parfois le sentiment que la critique systématique des gouvernants prend le dessus sur la formulation de propositions alternatives. Une situation qui pose la question de la contribution réelle de l’opposition à la recherche de solutions aux préoccupations des populations.
L’appel récemment lancé par certains membres du gouvernement en faveur d’une opposition pertinente et constructive mérite, à cet égard, une attention particulière. Il ne s’agit pas de réclamer une opposition silencieuse ou complaisante, mais une force politique capable de transformer ses critiques en propositions, ses désaccords en débats et ses ambitions en projets alternatifs.
Le gouvernement, quelle que soit son orientation politique, a la responsabilité de servir tous les citoyens. Il appartient donc également à ses adversaires politiques de participer à l’amélioration de la gouvernance par des contributions utiles. Une opposition crédible ne se mesure pas uniquement à sa capacité à dénoncer, mais aussi à la pertinence des solutions qu’elle avance.
À Attikoumé, le rassemblement du CNCC a connu un démarrage retardé en raison de difficultés d’accès signalées sur les axes menant au site. Autorisé par la commune, le meeting a finalement pu se tenir en présence des leaders. Ces circonstances soulignent l’importance de garantir l’exercice des libertés publiques dans le respect des règles et de la tranquillité des citoyens.
Le Togo n’a certainement pas besoin d’une opposition qui transforme chaque rendez-vous politique en occasion de confrontation permanente. Il a plutôt besoin d’acteurs capables de nourrir le débat public, de faire des propositions sur les grands défis nationaux et de contribuer à la consolidation de la paix sociale.
La démocratie ne se nourrit pas uniquement des critiques adressées au pouvoir. Elle progresse aussi grâce à la qualité des idées, à la responsabilité des discours et à la capacité des différents acteurs politiques à placer l’intérêt général au-dessus des calculs partisans.
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L’information au service du développement
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
