(La Nouvelle République)-La scène politique togolaise soulève une question essentielle sur le rôle et l’efficacité de l’opposition dans le fonctionnement démocratique. Entre critiques récurrentes, slogans et dénonciations parfois dépourvues d’arguments vérifiables, sa capacité à incarner une alternative crédible au pouvoir en place mérite d’être interrogée.
Dans une démocratie, contester l’action gouvernementale est légitime. Cette mission contribue au contrôle de l’action publique et à la défense des intérêts des citoyens. Toutefois, elle ne saurait se limiter à une opposition systématique aux décisions des gouvernants. Elle exige des analyses rigoureuses, des investigations sérieuses et des propositions concrètes.
La critique suffit-elle ?
Sur des questions aussi sensibles que l’approvisionnement en électricité, le pouvoir d’achat, l’emploi des jeunes ou la gestion des ressources publiques, les formations politiques disposent de leviers pour enrichir le débat national. L’analyse des données, l’évaluation des politiques publiques et la présentation de solutions réalistes permettraient de dépasser les simples déclarations de principe.
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L’ancienneté dans la lutte politique constitue-t-elle, à elle seule, une preuve d’efficacité ? Quels résultats les acteurs peuvent-ils revendiquer en matière de mobilisation citoyenne, de propositions législatives, de contrôle public ou d’amélioration des conditions de vie ?
L’enjeu n’est pas de remettre en cause la contestation, mais d’interroger sa portée et ses résultats. Une opposition aspirant à gouverner doit pouvoir expliquer comment ses propositions seraient financées et mises en œuvre, tout en contribuant au contrôle de l’action publique.
Le Togo a-t-il besoin d’acteurs qui dénoncent uniquement ou d’une opposition capable d’associer critique, propositions et responsabilité ? La crédibilité d’une alternative se construit aussi dans sa capacité à démontrer, chiffres à l’appui, qu’une autre manière de gouverner est possible.
Gabriel BLIVI
