(La Nouvelle République)-La scène politique togolaise continue d’être dominée par un face-à-face entre le pouvoir et une opposition qui peine à s’imposer comme une véritable force d’alternance. Si la contestation demeure une composante essentielle du jeu démocratique, elle ne suffit plus à elle seule à convaincre les citoyens. Dans un pays confronté à de nombreux défis économiques et sociaux, une question s’impose désormais : de quel opposant le Togo a-t-il réellement besoin ?
L’opposant dont le pays a besoin doit être capable de dépasser la simple dénonciation pour porter un projet concret. Emploi des jeunes, pouvoir d’achat, éducation, santé, agriculture, entrepreneuriat, justice et lutte contre la corruption sont autant de sujets qui préoccupent les populations. Critiquer les actions du pouvoir est légitime, mais une opposition crédible doit également expliquer clairement ce qu’elle ferait différemment et comment elle entendrait répondre aux attentes des citoyens.
Le Togo a aussi besoin d’une opposition capable de dépasser les divisions et les querelles de personnes. Les formations politiques peuvent conserver leurs identités, mais elles doivent pouvoir se retrouver autour de préoccupations communes et d’un projet national cohérent. Une telle démarche suppose davantage de proximité avec les populations, de renouvellement des responsables et une capacité à écouter une jeunesse de plus en plus exigeante sur les questions de gouvernance et de perspectives d’avenir.
Au fond, le pays n’a pas seulement besoin d’un nouvel opposant, mais d’une opposition capable de devenir une véritable alternative. Une opposition qui sait contester lorsque cela est nécessaire, mais qui sait aussi proposer, rassembler et convaincre. La conquête du pouvoir ne devrait donc pas être une fin en soi. Le véritable enjeu est de démontrer aux Togolais qu’une autre manière de gouverner est possible et surtout de leur présenter clairement ce qu’elle apporterait à leur quotidien.
Gabriel BLIVI
