(La Nouvelle République)-En Afrique, et particulièrement au Togo, le mois de janvier traîne une réputation peu flatteuse. À peine les fêtes de fin d’année terminées que de nombreux ménages se retrouvent confrontés à des difficultés financières. Les salaires s’épuisent rapidement et le mois semble anormalement long.
Cette situation récurrente a donné naissance à une expression populaire désormais bien ancrée : la « janviose ». Employé sur un ton humoristique, le terme désigne l’état de précarité financière qui caractérise le début de l’année. Portefeuilles vides, dépenses réduites et reports de paiements deviennent alors monnaie courante.
Derrière la plaisanterie se cache toutefois une réalité économique préoccupante. Les fortes dépenses de décembre liées aux fêtes, aux déplacements et aux obligations sociales pèsent lourdement sur des revenus souvent fixes et limités. Le mois de janvier s’impose ainsi comme une période de vaches maigres.
Plus qu’un simple phénomène passager, la « janviose » s’est installée comme un fait social. Elle influence les comportements, renforce la prudence budgétaire et stimule la solidarité familiale et communautaire. Chaque année, janvier revient rappeler la fragilité financière de nombreux ménages togolais.
Gabriel BLIVI
