(La Nouvelle République)-Publié le 19 janvier 2026 par l’ONG International Crisis Group, le rapport intitulé « L’offensive du M23, l’introuvable paix dans les Grands Lacs », analyse la résurgence du conflit armé dans l’est de la République démocratique du Congo, marquée par l’intensification des offensives du Mouvement du 23 mars (M23). Le document met en évidence une dégradation continue de la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, malgré les initiatives diplomatiques régionales et internationales.
Selon le rapport, la reprise des combats, les déplacements massifs de populations et la fragilité persistante des institutions congolaises traduisent l’incapacité des mécanismes actuels à instaurer une paix durable en République démocratique du Congo.

Une crise régionale aux médiations dispersées
L’International Crisis Group souligne le caractère profondément régional du conflit, qui dépasse le cadre d’une insurrection interne. La crise implique plusieurs États de la région des Grands Lacs, tandis que la multiplication des cadres de médiation – processus de Luanda, de Nairobi, initiatives de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) – contribue à affaiblir l’efficacité diplomatique. En l’absence de coordination stratégique et de mécanismes crédibles de mise en œuvre, ces démarches peinent à produire des résultats durables sur le terrain.
La recherche d’une cohérence africaine
La réunion de haut niveau tenue le 17 janvier 2026 à Lomé, présidée par le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé en sa qualité de médiateur de l’Union africaine pour la crise dans la région des Grands Lacs, visait à renforcer la cohérence du processus de paix en RDC, sous l’égide de l’Union africaine. Les travaux ont réuni les parties prenantes, les responsables institutionnels et le panel des facilitateurs, avec un accent mis sur la coordination politique et opérationnelle des initiatives existantes.
Les orientations présentées ont privilégié la mise en œuvre effective des décisions déjà arrêtées et l’opérationnalisation d’un processus africain unifié, plutôt que la création de nouveaux cadres de négociation.
Une paix mesurée par ses effets concrets
Le rapport de l’International Crisis Group et les conclusions issues de la réunion de Lomé convergent sur la nécessité de traduire les efforts diplomatiques en résultats tangibles pour les populations affectées. Le document met en garde contre une paix formelle déconnectée des réalités humanitaires, tandis que la médiation africaine insiste sur une paix mesurable à l’aune de la sécurité retrouvée, de l’accès aux services essentiels et du retour progressif de la confiance. Sans cohérence de l’action et sans mise en œuvre rigoureuse, la stabilisation durable de la région des Grands Lacs restera difficile à atteindre.
Gabriel BLIVI
