(La Nouvelle République)-Dans son rapport « Climate change presses on: Devastating wildfires and intense thunderstorms exacerbate losses for insurers », publié en janvier 2026, le réassureur Munich Re dresse le bilan des catastrophes naturelles survenues en 2025 et met en lumière la vulnérabilité particulière du continent africain. À l’échelle mondiale, les pertes économiques sont estimées entre 220 et 230 milliards de dollars, dont un peu plus de 100 milliards de dollars assurés, tandis que l’Afrique ne représente qu’une part marginale des pertes couvertes par l’assurance.
Selon Munich Re, les pertes économiques en Afrique se chiffrent en plusieurs milliards de dollars, principalement dues aux inondations, aux orages violents et aux épisodes de sécheresse prolongée, tels que recensés par le service de données sur les catastrophes naturelles NatCatSERVICE. Le taux de couverture assurantielle demeure toutefois très faible : dans de nombreux pays africains, moins de 10 % des pertes économiques sont assurées, contre plus de 50 % dans les économies développées, ce qui accroît la charge financière supportée par les États, les collectivités et les ménages.
Le rapport souligne également que 2025 figure parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées, un facteur qui contribue à l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes, comme le confirment les analyses de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). En Afrique de l’Est et australe, des pluies exceptionnelles ont provoqué des crues meurtrières et d’importants dégâts aux infrastructures, tandis que certaines régions d’Afrique du Nord et du Sahel ont continué de subir une sécheresse sévère, affectant l’agriculture et les ressources en eau.
Sur le plan humain, Munich Re estime que plusieurs milliers de décès liés aux catastrophes naturelles ont été enregistrés en Afrique en 2025, représentant une part significative du bilan mondial. Face à cette exposition élevée et à la faible pénétration de l’assurance, le réassureur appelle à renforcer la prévention, à développer des solutions d’assurance et de micro-assurance, et à mieux intégrer le risque climatique dans les politiques de développement afin de réduire durablement les conséquences économiques et sociales des événements extrêmes.
Gabriel BLIVI
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
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