(La Nouvelle République)-Depuis quelques jours, des propos tenus par un couple togolais vivant actuellement à l’étranger agitent les réseaux sociaux et suscitent une vive réaction au sein de l’opinion. Dans une sortie pour le moins virulente, ces compatriotes n’ont pas seulement exprimé leur désaccord avec la situation politique ou la gouvernance du pays. Ils sont allés beaucoup plus loin, en qualifiant notre pays, le Togo, de “pays maudit”, allant jusqu’à encourager la jeunesse togolaise à le quitter et à ne plus y croire. Une telle affirmation ne peut laisser indifférent.
Qu’on critique l’action des dirigeants, qu’on exprime ses frustrations ou ses attentes face aux difficultés que traverse notre nation, cela relève du débat public et de la liberté d’expression. Dans toute société, les opinions divergent et les débats sont nécessaires. Mais affirmer que le Togo est maudit, c’est franchir une ligne dangereuse qui est celle de l’insulte faite à une nation et au peuple qui la compose.Car le Togo n’est pas maudit.
Le Togo est un pays qui, comme beaucoup d’autres, avance avec ses forces et ses faiblesses. Un pays qui se construit pas à pas, parfois dans la difficulté, mais toujours porté par la résilience et le courage de ses filles et de ses fils.
Dire que notre patrie est maudite, c’est ignorer les efforts quotidiens de millions de Togolais. Ce sont ces agriculteurs qui, malgré les aléas, continuent de nourrir la nation. Ce sont ces enseignants qui forment la jeunesse dans des conditions souvent exigeantes. Ce sont ces entrepreneurs, ces artisans, ces commerçants, ces fonctionnaires, ces étudiants qui, chaque jour, travaillent, espèrent et bâtissent l’avenir.
Un pays ne se résume pas à ses difficultés. Et surtout, un pays ne se construit pas dans le mépris ou dans l’abandon. Appeler la jeunesse à déserter sa propre terre, à tourner le dos à son pays, c’est lui retirer l’espoir et la responsabilité de participer à son développement.
La diaspora togolaise joue un rôle important dans la vie de la nation. Beaucoup de nos compatriotes établis à l’étranger restent profondément attachés à leur patrie et contribuent, à leur manière, à son progrès. Mais il existe une différence fondamentale entre critiquer pour améliorer et condamner pour décourager.
Le Togo mérite mieux que des paroles de fatalisme. Notre pays a une histoire, une dignité et un avenir. Et cet avenir dépend d’abord de l’engagement de ses propres enfants.
Oui, les défis sont nombreux. Oui, les attentes de la population sont grandes. Mais aucune nation n’avance en se déclarant maudite. Les peuples qui progressent sont ceux qui, malgré les obstacles, refusent de céder au découragement.
Le Togo n’est pas maudit. Le Togo est une terre d’espérance. Et tant que ses fils et ses filles continueront d’y croire et d’y travailler, notre chère patrie poursuivra sa marche vers un avenir meilleur.
Gabriel BLIVI
