(La Nouvelle République)-Le lancement récent du challenge national pour le développement d’une intelligence artificielle capable de comprendre et de traduire les langues nationales togolaises suscite des réactions contrastées sur les réseaux sociaux. Entre espoir de progrès technologique et crainte d’une exploitation extérieure du patrimoine linguistique, le débat met en lumière les enjeux de souveraineté numérique du pays.
Pour les partisans de cette initiative, le projet constitue une avancée importante. L’intégration des langues nationales dans les outils d’intelligence artificielle pourrait faciliter l’accès aux services publics, à l’éducation et à la santé. Elle offrirait également de nouvelles perspectives aux chercheurs, développeurs et entrepreneurs togolais.
« Nous ne pouvons pas rester en marge de l’évolution technologique. Si nos langues sont intégrées à l’intelligence artificielle, nos populations pourront bénéficier de services mieux adaptés à leurs réalités », soutient le responsable de la plateforme Veille Citoyenne du Togo, sur Facebook.
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D’autres voix expriment cependant des réserves. Elles s’interrogent sur la destination des données linguistiques collectées et les conditions de leur exploitation.
« Nos langues constituent un patrimoine précieux. Avant de les confier à des systèmes numériques, nous devons savoir qui contrôlera les données et comment elles seront utilisées. Nous ne devons pas perdre la maîtrise de ce qui nous appartient », avertit Shango, un TikTokeur togolais.
Au-delà de ces divergences, les langues nationales portent des savoirs, des traditions orales et une mémoire collective. Leur numérisation peut contribuer à leur préservation, à condition que les communautés concernées soient associées au processus.
L’enjeu consiste donc à concilier innovation, protection du patrimoine culturel et souveraineté numérique. Le défi pour le Togo est de faire de ses langues un levier de développement sans perdre le contrôle des ressources qui permettront leur intégration dans l’intelligence artificielle.
Gabriel BLIVI
