(La Nouvelle République)-Le Niger, riche en uranium, reconfigure ses alliances géopolitiques depuis le coup d’État de juillet 2023. Selon Le Monde du 6 novembre 2025, le pays envisagerait de vendre jusqu’à 1 000 tonnes de « yellow cake » à la Russie, ce qui suscite l’inquiétude de la France et des partenaires internationaux.
La Russie, à travers la société Rosatom, se positionne comme partenaire privilégié pour l’exploitation de l’uranium nigérien. Le Monde du 26 mai 2025 indique que Moscou serait en pourparlers pour acquérir plusieurs centaines de tonnes de minerai stocké dans les mines exploitées historiquement par le français Orano, dont les filiales nigériennes ont récemment été nationalisées ou bloquées par la junte.
Le Togo joue un rôle clé dans ce nouvel échiquier. Le port de Lomé est mentionné par Le Monde du 6 novembre 2025 comme point stratégique pour le transport du minerai vers la Russie. Ce corridor logistique met en lumière l’importance des pays voisins dans la sécurisation et l’exportation des ressources du Niger dans un contexte régional instable et marqué par des enjeux de sécurité. À ce stade, aucune source officielle n’a confirmé l’information, ni du côté des autorités nigériennes, ni du côté des autorités togolaises, ce qui laisse planer une incertitude sur la logistique et la sécurité du corridor envisagé.
Pour la France, ce réalignement représente une perte d’influence majeure sur l’uranium nigérien. Les articles du Monde du 26 mai et du 29 juillet 2025 rappellent que Orano contestait certaines décisions de la junte et voyait son contrôle opérationnel sur des mines stratégiques menacé. Ce bras de fer entre Niamey, Moscou et Paris illustre un tournant dans la géopolitique de l’uranium en Afrique de l’Ouest où le Niger cherche à tirer profit de sa ressource pour redessiner ses alliances internationales.
Gabriel BLIVI
