(La Nouvelle République)-Il est des livres qui ne cherchent pas seulement à être lus mais à être vécus. Tous capables ! s’inscrit dans cette lignée d’ouvrages rares qui ne parlent pas au lecteur depuis une position de surplomb, mais marchent à ses côtés. Ils n’enseignent pas, ils éveillent. Ils ne promettent pas, ils engagent.
Attendu en février 2026, ce nouvel ouvrage de Steve Bodjona propose une réflexion dense et incarnée sur le potentiel humain. Loin des discours simplificateurs et des injonctions creuses au succès, le livre rappelle une vérité essentielle que l’époque semble parfois oublier. Le potentiel ne se révèle pas dans l’attente ni dans la réflexion stérile, mais dans l’expérience vécue, dans le geste imparfait, dans le courage de commencer.
L’auteur invite le lecteur à rompre avec l’illusion du miracle salvateur et avec la tentation de la procrastination. Il déconstruit l’idée selon laquelle la réussite serait une faveur accordée à quelques-uns, pendant que les autres seraient condamnés à l’immobilité. À rebours de cette fatalité, Tous capables ! affirme que chacun possède sa part de possible et que le destin n’est pas une sentence, mais une matière à façonner.
Au fil des pages, une conviction s’impose avec douceur et fermeté. Savoir ce que l’on veut, comprendre où l’on souhaite aller, accepter les efforts qu’exige le chemin sont les conditions nécessaires pour transformer une capacité latente en talent réel. Rien ne se crée sans effort, mais rien ne s’accomplit non plus sans clarté intérieure.
La force symbolique de la couverture prolonge ce propos. Un homme y affronte un rocher massif, image saisissante de l’obstacle qui ne disparaît pas par la pensée seule, mais par l’engagement du corps et de la volonté. Le combat n’est pas héroïque au sens spectaculaire, il est profondément humain. Il parle de persévérance, de sueur et de foi en soi.
Diplomate de carrière et acteur engagé de la scène littéraire togolaise, Steve Bodjona met dans cet ouvrage une parole ancrée dans l’action autant que dans la réflexion. Son écriture, accessible et habitée, prend la forme d’une conversation grave et bienveillante avec le lecteur, comme une main tendue plutôt qu’un doigt accusateur.
Tous capables ! ne cherche pas à convaincre par la démonstration, mais à toucher par l’évidence. Il rappelle, avec une simplicité désarmante, que nous sommes tous capables dès lors que nous acceptons de commencer, même sans certitude, même sans garantie. Et peut-être est-ce là sa plus grande force, celle de redonner au mot capacité sa dimension la plus humaine et la plus vivante.
Gabriel BLIVI
