(La Nouvelle République)-C’est un discours dense, résolument tourné vers l’avenir, que le Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé, a prononcé lors de l’ouverture du 9ᵉ Congrès panafricain à Lomé. Devant un parterre de représentants venus du continent et de la diaspora, le dirigeant togolais a appelé à un « renouveau panafricain » fondé sur la souveraineté, l’unité et la reconquête du récit africain.
Dès les premières minutes, Faure Gnassingbé a replacé la rencontre dans son contexte historique, rappelant la longue période de dispersion et de marginalisation qu’ont traversée les peuples africains. « Nos peuples ont été réduits au silence, mais ils ont résisté, créé, reconstruit le monde », a-t-il insisté, voyant dans ce congrès un moment charnière où l’Afrique se retrouve « debout, consciente de sa puissance et de son unité ».
L’Afrique ne veut plus être spectatrice
Pour le Président du Conseil, l’enjeu est clair : face aux mutations rapides de l’ordre international, l’Afrique n’a plus le luxe d’être divisée ou passive. Il a qualifié le panafricanisme de « nécessité stratégique », jugeant que les défis contemporains — du climat à la santé en passant par la technologie — dépassent largement les capacités individuelles des États. L’Afrique, selon lui, doit désormais être actrice de son propre destin, en misant sur un panafricanisme « pragmatique, exigeant », loin des slogans.
Multilatéralisme : un système à rééquilibrer
Longtemps tenue à l’écart des centres de décision mondiaux, l’Afrique doit aujourd’hui occuper la place qui lui revient, a martelé Faure Gnassingbé. Il a rappelé que le continent, qui compte 1,4 milliard d’habitants, ne dispose toujours pas de siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. « Ce n’est pas une anomalie, c’est une aberration », a-t-il affirmé, soutenant fermement la position africaine qui réclame deux sièges permanents avec droit de veto. L’enjeu, dit-il, est non seulement politique mais aussi une question d’équilibre global.
Miser sur ses propres forces
Le dirigeant togolais a également mis l’accent sur la nécessité pour l’Afrique de mobiliser ses propres ressources. Son développement, a-t-il dit, viendra avant tout de ses talents, de ses entreprises, de ses diasporas, et de ses savoirs. Il a plaidé pour une souveraineté fondée sur la capacité du continent à financer ses priorités, transformer ses matières premières et investir dans son capital humain. « Une Afrique forte est une Afrique qui croit en ce qu’elle sait, en ce qu’elle peut et en ce qu’elle est », a-t-il résumé.
Une grande famille africaine : continent, diaspora et jeunesse
Faure Gnassingbé a ensuite insisté sur la dimension globale du panafricanisme, qui dépasse les frontières géographiques du continent. Diaspora, Afrodescendants et jeunesse africaine constituent, selon lui, les « forces motrices » du renouveau du continent. Leur créativité, leur influence et leur énergie doivent être pleinement intégrées aux politiques de développement et d’intégration africaine. L’unité du continent, sous toutes ses formes, est pour lui un impératif.
Reprendre la maîtrise du récit africain
Le Président du Conseil a conclu en évoquant une dimension plus culturelle mais tout aussi stratégique : la nécessité pour l’Afrique de reprendre la main sur son narratif. Il a dénoncé des siècles de récits produits hors du continent, souvent déformés ou stéréotypés. « Aucune puissance ne s’est affirmée en laissant les autres raconter son histoire », a-t-il rappelé. Revaloriser les arts, les langues et les cultures africaines, mais aussi occuper les espaces médiatiques et numériques, est selon lui essentiel pour affirmer une Afrique qui « inspire, attire et influence ».
En déclarant ouverts les travaux du 9ᵉ Congrès panafricain de Lomé, Faure Gnassingbé a appelé à faire de cette rencontre un moment fondateur : celui d’une Afrique plus unie, plus confiante et pleinement actrice de sa destinée. « Une Afrique unie compte, inspire et bâtit », a-t-il lancé en conclusion.
La Rédaction
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
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