(La Nouvelle République)-La désignation du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé comme médiateur de l’Union africaine (UA) dans le conflit opposant la République démocratique du Congo (RDC) au Rwanda, en avril 2025, s’inscrit dans les efforts africains visant à favoriser une désescalade durable de cette crise régionale. Voici cinq éléments clés pour comprendre cette médiation.
1. Une nomination dans un contexte de blocage diplomatique
La médiation togolaise intervient alors que les processus précédents, notamment ceux de Luanda et de Nairobi, peinaient à produire des résultats concrets. La poursuite des violences dans l’est de la RDC et la détérioration des relations entre Kinshasa et Kigali ont conduit l’Union africaine à rechercher un nouvel acteur pour relancer les échanges politiques.
2. Un médiateur extérieur aux enjeux directs du conflit
Le Togo n’est pas directement impliqué dans la région des Grands Lacs. Cette position confère à Faure Gnassingbé une image de médiateur relativement neutre. Son expérience diplomatique et son implication dans les mécanismes africains de paix ont pesé dans son choix par l’Union africaine.
3. Une approche fondée sur la coordination des initiatives existantes
La médiation conduite par Faure Gnassingbé vise à articuler les différents cadres de dialogue déjà en place. Elle s’appuie sur les mécanismes régionaux, notamment ceux de l’EAC et de la SADC, ainsi que sur les initiatives internationales, afin de limiter la dispersion des efforts diplomatiques.
4. La priorité donnée au dialogue direct entre Kinshasa et Kigali
L’un des axes centraux de cette médiation est la reprise du dialogue bilatéral entre la RDC et le Rwanda. Des consultations séparées ont été menées avec les autorités des deux pays pour identifier les points de blocage et les marges de compromis possibles, dans une approche progressive.
5. Des défis politiques et sécuritaires persistants
Malgré ces efforts, la médiation togolaise fait face à des contraintes importantes. La multiplicité des groupes armés dans l’est de la RDC, les enjeux régionaux et les pressions politiques internes continuent de peser sur le processus. Les résultats dépendront largement de l’engagement des parties et du soutien de l’Union africaine.
Gabriel BLIVI
