(La Nouvelle République)-Réunis les 7 et 8 juin à Lomé, les principaux acteurs de la médiation de l’Union africaine (UA) pour la résolution du conflit dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) ont dressé un bilan des avancées enregistrées au cours des six derniers mois et défini de nouvelles orientations pour accélérer le retour de la paix dans la région des Grands Lacs.
La rencontre, présidée par le Médiateur de l’Union africaine, Faure Essozimna Gnassingbé, Président du Conseil de la République togolaise, a rassemblé plusieurs personnalités africaines de premier plan, notamment les anciens chefs d’État Sahle-Work Zewde, Catherine Samba-Panza, Mokgweetsi Masisi, Uhuru Kenyatta et les représentants d’organisations régionales et internationales engagées dans le processus de paix.
Une situation toujours préoccupante
Les participants ont exprimé leur vive inquiétude face à la détérioration persistante de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC. Ils ont dénoncé les violations répétées du cessez-le-feu, les déplacements massifs de populations civiles ainsi que la multiplication des attaques contre les civils.
La réunion a rappelé aux parties en conflit leurs engagements pris dans le cadre des processus de Washington et de Doha, notamment en matière de respect du cessez-le-feu, d’ouverture de corridors humanitaires et de mise en œuvre de mesures de confiance.
Des avancées diplomatiques saluées
Malgré les difficultés persistantes, les participants se sont félicités de plusieurs progrès diplomatiques récents. Ils ont notamment salué la reprise du processus de Doha ainsi que la signature d’un mémorandum d’entente sur l’opérationnalisation du Mécanisme conjoint de vérification élargi du cessez-le-feu lors des négociations de Montreux, en Suisse.
Les efforts déployés dans le cadre de l’Accord de Washington ont également été soulignés, tout comme l’implication croissante de la médiation africaine aux côtés du Qatar et des États-Unis dans l’accompagnement des différentes initiatives de paix.
Une médiation africaine renforcée
Les membres du panel ont reconnu que les démarches entreprises par le Médiateur et les facilitateurs ont permis à la médiation de l’Union africaine de gagner en crédibilité auprès des parties prenantes et des partenaires internationaux.
Toutefois, plusieurs défis demeurent, notamment en matière de coordination institutionnelle, de communication, de fonctionnement du Secrétariat conjoint indépendant et de mobilisation des ressources nécessaires à la mise en œuvre des actions de terrain.
Priorités pour le second semestre 2026
Pour les mois à venir, la réunion a recommandé un renforcement de la coordination entre le Bureau du Médiateur, la Commission de l’Union africaine, le panel des facilitateurs et les organisations régionales concernées.
Les participants ont également insisté sur la nécessité d’améliorer la communication auprès du public et des communautés économiques régionales afin de mieux faire connaître les progrès réalisés dans le cadre du processus de paix.
Par ailleurs, la médiation africaine entend accroître sa contribution aux processus complémentaires de Washington et de Doha afin de renforcer leur appropriation par les acteurs africains et d’en faciliter l’application.
Appels aux parties et aux partenaires
Dans leur déclaration finale, les participants ont exhorté les protagonistes du conflit à respecter pleinement les engagements souscrits, à accélérer les échanges de prisonniers et à faciliter l’accès humanitaire aux populations affectées.
Ils ont également appelé les États, organisations régionales et partenaires internationaux à soutenir davantage les efforts de l’Union africaine, dans le respect du leadership africain sur ce dossier.
Vers une paix durable dans les Grands Lacs
À l’issue des travaux, plusieurs décisions ont été adoptées, dont l’ajustement des plans d’action des facilitateurs et la préparation d’un programme opérationnel détaillé qui sera examiné lors d’une réunion technique prévue en juillet 2026 à Gaborone, au Botswana.
Les participants ont réaffirmé leur conviction que le rétablissement de la paix dans l’Est de la RDC constitue un impératif majeur pour la stabilité de la région des Grands Lacs et pour l’ensemble du continent africain. Ils ont salué l’engagement du Togo et de son Médiateur dans la recherche d’une solution durable à cette crise qui continue de menacer la sécurité régionale.
Gabriel BLIVI
