(La Nouvelle République)-Lomé accueille ce samedi une réunion de haut niveau consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo (RDC) et dans la région des Grands Lacs. Organisée sous l’égide de l’Union africaine, cette rencontre réunit des responsables politiques, des représentants d’organisations régionales et des facilitateurs engagés dans la recherche d’une solution durable à une crise qui continue de fragiliser l’Afrique centrale.
À l’ouverture des travaux, le Président du Conseil , Faure Essozimna Gnassingbé, a souligné le caractère décisif de cette réunion, estimant que le temps n’était plus aux diagnostics répétés ni aux déclarations sans effets concrets. Il a appelé à une clarification politique et à une action africaine plus cohérente, affirmant que la crédibilité du continent était en jeu face à l’une de ses crises les plus persistantes.
Le dirigeant togolais a mis en avant la nécessité d’une cohérence stratégique renforcée pour parvenir à une paix durable en RDC. Selon lui, la multiplication des initiatives non coordonnées et la fragmentation des cadres de médiation affaiblissent les efforts de stabilisation. Il a plaidé pour une meilleure articulation entre les États de la région, l’Union africaine, les communautés économiques régionales et les différents mécanismes de facilitation.
Faure Gnassingbé a également insisté sur l’urgence de rendre pleinement opérationnel le processus africain unifié placé sous la médiation de l’Union africaine. L’enjeu, a-t-il souligné, n’est pas de créer de nouveaux cadres, mais de faire fonctionner efficacement ceux déjà adoptés, à travers une architecture de médiation clarifiée, des outils de coordination renforcés et une feuille de route réaliste, orientée vers des résultats concrets.
Le Président du Conseil a enfin rappelé que la paix ne saurait se limiter à la signature d’accords ou à la tenue de réunions diplomatiques. Elle doit se traduire par une amélioration tangible de la sécurité et des conditions de vie des populations affectées par le conflit. Les dimensions humanitaires, sociales et économiques ont ainsi été présentées comme le véritable test de crédibilité des processus de paix engagés.
De manière globale, la crise dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs demeure l’une des plus complexes du continent, alimentée par des enjeux sécuritaires, politiques et régionaux profondément imbriqués. Malgré les initiatives engagées, l’insécurité persistante, les déplacements massifs de populations et la fragilité de la confiance entre les acteurs continuent de menacer la stabilité régionale. Dans ce contexte, la réunion de Lomé apparaît comme une étape cruciale pour tenter d’harmoniser les efforts africains et ouvrir la voie à une paix durable, au service des populations durement éprouvées par des décennies de violence.
Gabriel BLIVI
