(La Nouvelle République) – Kara a accueilli, pour la première fois, la présentation des Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne du Fonds monétaire international (FMI). Habituellement organisée à Lomé, cette rencontre annuelle a réuni représentants du gouvernement, partenaires techniques et financiers, élus locaux, universitaires, étudiants et acteurs du secteur privé autour des principaux défis économiques auxquels fait face le continent.
Pour le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, le choix de Kara répond à une volonté d’ouvrir davantage les débats économiques aux populations des régions. « D’ordinaire, ce séminaire se tenait toujours à Lomé. Mais cette fois, il fallait nous rapprocher des citoyens pour que tous aient la même information économique », a-t-il déclaré à l’ouverture des travaux. Selon lui, les recommandations formulées par le FMI s’inscrivent dans les orientations de la future feuille de route gouvernementale 2026-2031.
Au cours de la rencontre, les experts du FMI ont indiqué que l’Afrique subsaharienne avait enregistré une croissance de 4,3 % en 2025, tout en soulignant que cette dynamique restait exposée à plusieurs facteurs de vulnérabilité, notamment les tensions géopolitiques, le ralentissement du commerce mondial, les effets du changement climatique et la diminution de l’aide publique au développement. L’institution recommande notamment la poursuite des réformes structurelles, une meilleure mobilisation des recettes publiques et un environnement plus favorable aux investissements privés.
La représentante résidente du FMI au Togo, Racheeda Boukezia, a salué cette première organisation du séminaire à Kara. « Il est extrêmement important pour le FMI de se délocaliser, de tenir compte du tissu économique local et d’échanger avec les étudiants et les acteurs de la région », a-t-elle souligné, mettant en avant l’intérêt d’un dialogue économique élargi aux territoires.
Au-delà des analyses économiques présentées, cette première édition organisée à Kara traduit une volonté d’élargir les espaces de dialogue sur les politiques économiques. En rapprochant ces échanges des territoires, les autorités et leurs partenaires entendent favoriser une meilleure appropriation des enjeux de développement par les acteurs locaux.
Gabriel BLIVI
