La production mondiale de coton devrait atteindre 29,5 millions de tonnes d’ici 2034, soit une progression de 20 % par rapport à la période de référence, selon les projections reprises dans le rapport « Cotton: A Global Recovery and Africa’s Opportunity » d’Afreximbank.
Cette croissance, estimée à 1,3 % par an, devrait être portée notamment par l’amélioration des rendements, les progrès génétiques, les nouvelles pratiques agricoles et la digitalisation. Les échanges mondiaux pourraient, eux, atteindre 12,3 millions de tonnes en 2034.
Une production mondiale en hausse
Dans cette nouvelle configuration, l’Afrique dispose d’un potentiel important. L’Afrique subsaharienne devrait représenter 14 % des exportations mondiales de coton en 2034, confirmant son poids dans le commerce international de la fibre.
Mais le continent reste confronté à un défi majeur : la faiblesse de la transformation locale. Une grande partie du coton africain est encore exportée sous forme de fibre, limitant les revenus et les emplois que pourraient générer les activités industrielles.
L’enjeu de la transformation locale
Le développement des filatures, des unités de fabrication de tissus et des industries de confection apparaît ainsi comme une priorité. La transformation du coton sur le continent permettrait de capter davantage de valeur ajoutée et de réduire la dépendance aux exportations de matières premières.
Cette mutation pourrait également soutenir l’emploi. Selon les données évoquées dans les analyses sectorielles, environ 5 milliards de dollars d’investissements pourraient contribuer à créer près de 500 000 emplois directs dans la transformation du coton, le textile, le transport et la mode.
Pour les pays producteurs africains, l’enjeu est donc de profiter de la progression attendue du marché mondial. L’amélioration de la productivité, la modernisation des infrastructures et l’attraction des investissements seront déterminantes.
Avec les 29,5 millions de tonnes attendues en 2034, le coton peut ainsi devenir davantage qu’une matière première exportée. Il peut constituer un véritable levier d’industrialisation, d’emploi et de création de richesse, à condition que l’Afrique accélère la transformation de sa production sur son propre sol.
Gabriel BLIVI
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
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