(La Nouvelle République)-La filière cacao togolaise enregistre une nouvelle dynamique avec l’inauguration du Centre de fermentation et de traitement post-récolte du cacao d’excellence de Mpoti, situé dans la commune de Blitta 3, dont la cérémonie officielle s’est déroulée ce mercredi 3 juin 2026, dans la même localité.
Érigée en présence de plusieurs partenaires nationaux et internationaux, cette infrastructure s’inscrit dans la dynamique de modernisation des filières café et cacao portée par le Comité de Coordination pour les Filières Café et Cacao (CCFCC) et ses partenaires techniques, dont la Maison des Yvelines.
Ce nouveau centre, en plus de répondre aux ambitions de l’axe 1 des Plans de Développement des Filières Café et Cacao (PDCC), consacré à l’amélioration durable de la production, de la productivité et de la qualité, constitue aussi une infrastructure stratégique pour renforcer la compétitivité du cacao togolais sur les marchés spécialisés.

Un projet issu d’une coopération internationale structurée
Dans son allocution, le Secrétaire général du CCFCC, Enselme Gouthon, a rappelé que ce centre trouve son origine dans des échanges initiés dès 2024 avec les “Chocolatiers et Pâtissiers du Monde” et les partenaires du Département des Yvelines. Le projet s’inscrit dans une dynamique multi-acteurs consolidée par les travaux préparatoires menés depuis 2021 dans le cadre des réformes des filières.
Il a souligné que cette infrastructure, complémentaire à celle de Kessibo-Abréwankor, contribue à la structuration d’une offre nationale de cacao fin et de spécialité. Elle permet également de renforcer la visibilité de “l’Origine Togo” sur les marchés internationaux et d’accroître les revenus des producteurs.
Le CCFCC a réaffirmé son rôle d’organe de régulation et d’accompagnement, chargé de mobiliser les partenaires techniques et financiers pour soutenir la transformation structurelle et la montée en gamme de la filière.

Le Département des Yvelines salue une coopération exemplaire
Prenant la parole, la Vice-Présidente du Département des Yvelines déléguée à la coopération internationale, Marie-Hélène Aubert, a salué la concrétisation d’un projet né d’une coopération de long terme avec la commune de Blitta 3, partenaire du Département depuis 2007.
Elle a rappelé que la coopération décentralisée entre les Yvelines et le Togo repose sur un modèle de partenariat de collectivité à collectivité, fondé sur l’accompagnement technique et financier, et souvent cité comme une référence en matière de coopération territoriale.
Marie-Hélène Aubert a précisé que ce projet résulte d’un alignement de plusieurs dynamiques : l’engagement des chocolatiers et confiseurs, l’appui du Département des Yvelines via son opérateur UAD, l’implication de communes partenaires comme Jouy-en-Josas et Évecquemont, ainsi que le soutien d’un appel à projets du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

Un centre au service de la transformation de la filière cacao
Édifié sur une superficie d’un hectare, le Centre de Mpoti est conçu comme une infrastructure intégrée de transformation post-récolte. Il comprend un magasin de stockage d’une capacité de 5 tonnes annexé à un bureau administratif, un hall de fermentation et de tri équipé de 42 caisses, ainsi qu’une aire de séchage dotée de 16 tables.
Le site dispose également d’un bloc sanitaire de trois toilettes et d’un bâtiment comprenant un dortoir et un vestiaire, permettant d’assurer de meilleures conditions de travail pour les acteurs de la filière.
Le centre a été entièrement financé à hauteur de 50 000 euros, soit environ 32,8 millions de FCFA, principalement par les “Chocolatiers et Pâtissiers du Monde” et le Département des Yvelines. Les travaux, lancés en décembre 2025, sont désormais achevés.

Une dynamique de création de valeur locale et de durabilité
Les intervenants ont convergé sur la nécessité de relocaliser la valeur ajoutée dans les pays producteurs et de renforcer des chaînes de valeur plus équitables. Cette orientation est perçue comme essentielle pour améliorer les conditions de vie des producteurs et structurer durablement la filière.
La Vice-Présidente du Département des Yvelines a insisté sur la nécessité de redonner de l’attractivité aux métiers agricoles, notamment par la modernisation des pratiques et le développement de l’agroforesterie.
Elle a également souligné les besoins complémentaires des acteurs européens du chocolat, qui recherchent des partenaires fiables capables de garantir qualité, traçabilité et constance de l’approvisionnement.
Le centre permettra de valoriser davantage la qualité du cacao de la région Centrale, en complémentarité avec celui de Kessibo-Abréwankor, avec pour objectif de placer environ 25 tonnes de cacao d’excellence sur des marchés de niche dès la première année.
Une coopération multi-acteurs saluée
La cérémonie a mis en lumière une coopération impliquant institutions publiques, collectivités territoriales, organisations professionnelles, coopératives et structures de formation. L’ensemble des acteurs a été salué pour sa contribution à la réussite du projet et à la structuration de la filière.
Les partenaires ont souligné que cette dynamique collective constitue un levier essentiel pour renforcer la compétitivité du cacao togolais sur le long terme.
Un engagement politique et institutionnel affirmé
Le projet s’inscrit dans la vision des autorités togolaises, qui font des filières café et cacao des leviers stratégiques de développement économique et social. Il bénéficie également du soutien des partenaires internationaux engagés dans la coopération agricole.
Du côté français, les collectivités et institutions partenaires ont réaffirmé leur engagement en faveur de projets structurants, malgré un contexte budgétaire contraint, confirmant la continuité de leur appui au secteur.
Avec l’inauguration du centre de Mpoti, les partenaires consolident une dynamique durable entre le Togo et la France autour des filières café et cacao. Cette coopération repose sur la qualité, la formation, la transformation locale et la création de valeur partagée. Une dynamique collective qui ouvre la voie à une montée en gamme progressive du cacao togolais sur les marchés internationaux.
Gabriel BLIVI
