(La Nouvelle République)-Dans une interview accordée à l’Agence Ecofin, l’économiste togolais Kako Nubukpo a livré une analyse des dynamiques de transformation économique en Afrique de l’Ouest, évoquant notamment la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) au Togo parmi les initiatives en cours dans la sous-région. L’entretien s’inscrit dans le cadre du sommet Africa Forward tenu à Nairobi, consacré aux enjeux de financement du développement et de réforme de l’architecture économique internationale. Directeur de l’Observatoire de l’Afrique subsaharienne à la Fondation Jean-Jaurès et ancien commissaire de l’UEMOA, il y développe une réflexion sur la souveraineté économique africaine et l’industrialisation.
Dans cette interview, il replace les initiatives industrielles régionales dans une dynamique de transformation structurelle. Interrogé sur les conditions de l’industrialisation en Afrique de l’Ouest, il évoque les zones industrielles intégrées destinées à favoriser la transformation locale des matières premières et la création de chaînes de valeur.

C’est dans ce cadre qu’il cite aux côtés de la zone de Glo-Djigbé au Bénin, la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), lancée en 2021 en partenariat entre l’État togolais et ARISE IIP. Il y voit une volonté politique de renforcer la base productive des économies ouest-africaines, notamment dans l’agro-industrie et le textile. Il souligne une « volonté politique croissante de renforcer la base productive des économies ouest-africaines ».
Pour l’économiste, ces projets constituent des signaux positifs dans un contexte de faible industrialisation du continent. Ils traduisent une transition progressive vers des économies plus orientées vers la valeur ajoutée locale et la transformation des matières premières.
Cependant, Kako Nubukpo adopte une lecture exigeante. Il estime que la multiplication des plateformes industrielles ne suffit pas à garantir une transformation durable. Il insiste sur la nécessité de résultats concrets en matière d’emplois, de compétitivité et de transformation locale. Il rappelle que « la multiplication des plateformes industrielles ne suffit pas en soi à garantir une transformation économique durable ».

Dans une logique de « protectionnisme éducatif », il appelle à accompagner ces projets par des politiques industrielles cohérentes. La Plateforme industrielle d’Adétikopé apparaît ainsi comme une initiative progressivement mise en œuvre sur le terrain par ses responsables, sous l’impulsion des autorités togolaises et du président du Conseil, Faure Gnassingbé, avec déjà plusieurs milliers d’emplois créés depuis son lancement.
Pour rappel, la PIA, qui s’étend sur environ 400 hectares accueille aujourd’hui plus d’une vingtaine d’entreprises industrielles et logistiques nationales et internationales, actives dans des secteurs tels que le textile, l’agro-industrie, les matériaux de construction et les services logistiques.
Gabriel BLIVI
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
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