(La Nouvelle République)-À Lomé, l’expansion des China Mall attire chaque jour de nombreux visiteurs, mais soulève des questions sur son impact sur l’économie locale. Après l’ouverture en 2024 d’un premier centre à Nukafu, un second a été inauguré récemment à Agoè-Zongo, en périphérie Nord de Lomé la capitale. Ces centres proposent une large gamme de produits – alimentaires, électroménagers, vêtements ou accessoires – souvent à des prix très compétitifs.
Cependant, cette attractivité pose un défi pour les commerçants locaux. Dans le cadre du Mois du Consommer Local, initiative annuelle qui encourage l’achat de produits togolais, les commerçants sont confrontés à la concurrence de produits importés moins chers. Soumis aux taxes, aux frais d’importation et aux coûts logistiques, ils peinent à rivaliser.
Pour Adama Koffi, commerçante au Grand Marché de Lomé : « Je vends mes produits faits ici avec soin mais il est difficile de concurrencer des articles importés moins chers. Nos clients se laissent séduire par les prix bas même si la qualité n’est pas toujours la même. »
Les consommateurs témoignent également de l’attrait des China Mall. Un jeune visiteur d’Agoè-Zongo explique : « Je viens ici presque tous les jours. On trouve tout ce dont on a besoin à des prix qui ne se trouvent pas ailleurs. »
Toutefois, la question de la qualité des produits reste cruciale. Certains articles sont des imitations ou de moindre qualité, ce qui peut nuire à la confiance des consommateurs dans le marché.
Selon Didier Akakpo, économiste : « L’État doit renforcer les contrôles de qualité et sensibiliser les consommateurs. En même temps, il est essentiel d’accompagner les commerçants locaux avec des formations et des facilités logistiques pour qu’ils puissent mieux se positionner sur le marché. »
Alors que le Mois du Consommer Local bat son plein, Lomé se retrouve à un carrefour stratégique, à savoir comment concilier l’ouverture aux opportunités internationales et la protection du commerce local ? La réponse déterminera l’avenir économique de la capitale togolaise face à l’essor des centres commerciaux étrangers.
Gabriel BLIVI
