(La Nouvelle République)-Le gouvernement togolais, par le biais de la Société Togolaise de Manganèse (STM), a officiellement pris le contrôle de l’exploitation de la mine de Nayéga, située dans la région des Savanes. Ce projet minier stratégique, aux importantes réserves de manganèse, pourrait générer des retombées socio-économiques majeures, tant en termes d’emplois, de recettes fiscales que de développement local.
L’un des premiers bénéfices attendus de cette exploitation est la création massive d’emplois. Plusieurs centaines, voire milliers, de postes directs seront nécessaires pour assurer l’extraction, le traitement et le transport du minerai. À ceux-ci s’ajouteront de nombreux emplois indirects dans la logistique, la sécurité, la restauration ou encore l’entretien, offrant ainsi un nouveau souffle à l’économie locale dans une région à fort taux de chômage.
Le développement des infrastructures est un autre volet structurant du projet. Pour rendre opérationnelle l’activité minière, des investissements significatifs seront engagés dans les routes, les installations électriques, les systèmes d’approvisionnement en eau et d’autres commodités. Ces infrastructures bénéficieront également aux populations riveraines, facilitant leur mobilité et leur accès aux services sociaux de base.
Sur le plan économique, les recettes fiscales attendues de l’exploitation du manganèse viendront renforcer le budget de l’État. Avec des réserves estimées à plus de 8,5 millions de tonnes, la mine pourrait générer des revenus d’exportation importants. Ce nouveau flux financier permettra au Togo de diversifier ses sources de recettes, longtemps concentrées sur les phosphates.
L’exploitation vise aussi à enclencher une dynamique de transformation locale du minerai. Le projet de la STM prévoit la valorisation du manganèse à travers des unités de traitement capables de produire des dérivés à haute valeur ajoutée, notamment utilisés dans la fabrication d’aciers spéciaux ou de batteries pour véhicules électriques. Cela pourrait positionner le Togo comme un acteur industriel régional dans ce segment stratégique.
Le projet s’inscrit dans une volonté politique claire de mieux maîtriser les ressources naturelles nationales. En reprenant la main sur l’exploitation, autrefois attribuée à l’australien Keras Resources, l’État togolais affirme son ambition de gérer en toute transparence le potentiel minier du pays. Cette souveraineté retrouvée vise à garantir une redistribution plus équitable des richesses générées.
Par ailleurs, l’impact sur le développement local est attendu sur plusieurs fronts : amélioration de l’éducation, renforcement des structures de santé, développement de programmes sociaux et soutien à l’entrepreneuriat communautaire. Un mécanisme de partage de revenus avec les communautés locales pourrait être mis en place pour éviter les tensions et favoriser une exploitation inclusive et durable.
Enfin, cette initiative participe à la stratégie nationale de diversification de l’économie. Le Togo ambitionne d’accroître la part du secteur minier dans son PIB et de réduire sa dépendance aux exportations traditionnelles. L’exploitation de Nayéga pourrait, si elle est bien structurée, devenir un modèle de gestion durable des ressources pour les autres projets miniers à venir dans le pays.
Gabriel BLIVI
