(La Nouvelle République)-En 2024, les investissements dans les infrastructures numériques en Afrique subsaharienne ont atteint près de 7 milliards de dollars, selon Xalam Analytics. La majorité de ces fonds (60 %) a été consacrée aux réseaux mobiles, notamment à l’expansion de la 4G et au lancement progressif de la 5G. La forte demande de connectivité, liée à l’essor des smartphones, du e-commerce et des paiements mobiles, pousse les opérateurs à renforcer leurs réseaux.
En deuxième position viennent les projets de fibre optique, représentant environ 20 % des dépenses. Ils concernent le renforcement des réseaux terrestres et la pose de câbles sous-marins. L’objectif : mieux connecter le continent aux centres numériques mondiaux. Toutefois, ces investissements ne suffisent pas sans un bon réseau local pour amener la fibre jusqu’aux foyers et entreprises.
Les centres de données, eux, peinent encore à attirer les financements. Moins de 7 % des investissements leur sont alloués, malgré des besoins croissants en stockage, en services cloud et en intelligence artificielle. Les coûts élevés de construction, les défis énergétiques et le manque de rentabilité immédiate freinent les acteurs du secteur.
Pour répondre aux besoins futurs, 7 à 8 milliards $ par an devront être investis d’ici 2030, selon Xalam. Mais sans une politique ambitieuse, équilibrée entre mobile, fibre et data centers, l’Afrique risque de rester un simple consommateur du numérique. Un environnement réglementaire stable et plus d’investissements publics sont donc essentiels pour renforcer la souveraineté numérique du continent.
Louise LAWSON
