(La Nouvelle République)- Comment faire de l’intelligence artificielle un véritable outil de développement adapté aux réalités africaines ? La question fut au cœur de la 7ᵉ édition d’IndabaX Togo, tenue du 24 au 26 septembre sur le campus universitaire de Lomé, autour du thème « Écosystème IA : recherche, innovation et coopération ».
Chercheurs, enseignants-chercheurs, étudiants, entreprises, administrations et partenaires y explorèrent les conditions nécessaires à l’émergence d’un écosystème national de l’intelligence artificielle.
Produire localement pour répondre aux besoins locaux
Les échanges mirent en évidence la nécessité pour le Togo et l’Afrique de renforcer leur capacité à produire des connaissances et des solutions d’IA adaptées à leurs réalités. Un enseignant-chercheur du Togo AI Lab rappela que « l’intelligence artificielle ne se décrète pas, elle se construit », notamment à travers la formation, les données, les infrastructures et la recherche.
L’enjeu concerne directement des secteurs comme l’agriculture, la santé, l’éducation, le commerce et l’administration, où des solutions conçues à partir des réalités locales pourraient répondre plus efficacement aux besoins des populations.
De la recherche à l’innovation
Mais la production scientifique ne saurait rester confinée aux laboratoires. Les participants insistèrent sur la nécessité de rapprocher chercheurs, entreprises et administrations afin de transformer les résultats de recherche en applications concrètes.
Projets pilotes, stages, thèses appliquées et partenariats furent notamment présentés comme des moyens de favoriser ce passage de la connaissance à la solution.

Former les compétences de demain
L’École Nationale Polytechnique souligna, pour sa part, la nécessité d’adapter les formations à l’évolution de l’IA. Science des données, intelligence artificielle, systèmes embarqués et cybersécurité devront occuper une place croissante dans les cursus, avec une attention particulière à l’éthique. Les étudiants furent également encouragés à développer curiosité, rigueur et esprit critique afin de devenir non seulement utilisateurs, mais aussi concepteurs de solutions technologiques.
Une IA performante et responsable
Les débats abordèrent enfin les enjeux liés aux données personnelles, aux biais algorithmiques, à la transparence, à l’emploi et à la souveraineté technologique.
Pour les participants, le développement de l’IA devra donc aller de pair avec des garanties éthiques et une coopération renforcée entre les différents acteurs.
Au terme des échanges, une orientation se dégagea : pour que l’Afrique prenne pleinement part à la révolution de l’intelligence artificielle, elle devra investir simultanément dans la recherche, les compétences, l’innovation et les partenariats.
