(La Nouvelle République)-Réunis dans la capitale togolaise à l’occasion d’une session spéciale consacrée au financement de l’OHADA, les ministres des Finances des États membres ont engagé des réflexions sur l’autonomie financière de l’institution et la pérennisation de ses actions en faveur de l’intégration juridique africaine.
Les travaux ont permis d’identifier plusieurs pistes destinées à renforcer les ressources de l’organisation, confrontée depuis plusieurs années à des difficultés budgétaires liées aux retards et irrégularités des contributions des États membres. Les participants ont notamment évoqué la mise en place de mécanismes innovants, parmi lesquels des redevances liées à certains services, la numérisation du registre du commerce ou encore la création d’un fonds de dotation.
Au terme des échanges, les ministres ont réaffirmé leur engagement à soutenir une autonomie financière progressive de l’OHADA, considérée comme un instrument essentiel de sécurité juridique et d’attractivité économique dans l’espace africain. Ils ont également insisté sur la nécessité d’apurer les arriérés de contributions et de renforcer les mécanismes de gouvernance financière.

Prenant la parole, le secrétaire permanent de l’OHADA, Mayatta Ndiaye Mbaye, a rappelé le rôle stratégique de l’institution dans l’amélioration du climat des affaires et l’accompagnement des politiques de développement économique des États membres. Il a plaidé pour une implication accrue des ministères des Finances afin de permettre à l’organisation de disposer de moyens adaptés à ses ambitions.
Co-président en exercice du Conseil des ministres de l’OHADA, Essowè Georges Barcola a, pour sa part, souligné l’urgence de construire un modèle de financement moins dépendant des partenaires extérieurs. Selon lui, la consolidation de l’organisation passe par des solutions pragmatiques capables de garantir sa stabilité financière sur le long terme.
Les discussions ont également porté sur le renforcement de la coopération entre l’OHADA et les institutions régionales africaines, dans une logique de mutualisation des ressources et de consolidation de l’intégration continentale. Les recommandations issues de cette session devraient être soumises lors de la prochaine réunion du Conseil des ministres de l’organisation.
Gabriel BLIVI
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
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