L’économie togolaise devrait accélérer en 2026. La croissance est projetée à 6,3%, après 6,1% en 2025, selon les données présentées lors de la troisième session ordinaire du Conseil national du crédit (CNC), tenue le 17 septembre à Lomé. Mais cette progression pose aussi la question de sa traduction dans le financement des activités productives.
Le contexte macroéconomique apparaît relativement favorable. À fin juin 2026, l’inflation était contenue à 0,5%. La croissance attendue est notamment portée par les transports, le commerce, les activités portuaires et la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA).
Ces performances ne suffisent cependant pas à elles seules à déterminer la capacité des entreprises et des producteurs à développer leurs activités. L’accès au crédit reste un paramètre essentiel pour transformer la croissance en investissements, en production supplémentaire et en développement des entreprises.
Des crédits agricoles en forte progression
Le secteur agricole illustre cette problématique. Les crédits qui lui sont accordés ont progressé de 93,3% pour atteindre 15,4 milliards FCFA. La progression est importante, mais les autorités souhaitent que le mouvement se poursuive.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, a ainsi appelé les banques à renforcer leur intervention dans l’agriculture et auprès des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME).
Pour faciliter cette orientation, le ministre a notamment évoqué les mécanismes de garantie tels que le ProMIFA. Ces dispositifs peuvent contribuer à réduire le risque supporté par les établissements financiers lorsqu’ils prêtent à des secteurs dont les activités sont exposées à des aléas spécifiques.
La question n’est donc plus uniquement celle de la disponibilité des ressources financières, mais aussi celle de leur orientation vers les secteurs qui ont besoin de capitaux pour investir et accroître leur capacité de production.
Le secteur bancaire face à un double impératif
Le système bancaire togolais présente, selon les éléments communiqués au CNC, des indicateurs en hausse, notamment au niveau des dépôts et des crédits.
Cette situation met en évidence un double enjeu : préserver la solidité du système financier tout en améliorant son rôle dans le financement de l’économie productive.
Pour les TPME, l’accès au crédit peut permettre de financer l’équipement, les stocks, l’extension des activités ou encore les besoins de trésorerie. Pour l’agriculture, les besoins concernent notamment les intrants, les équipements, la transformation et les différentes étapes des chaînes de valeur.
Le financement bancaire devient ainsi l’un des maillons permettant de relier la croissance enregistrée au niveau national aux réalités économiques des entreprises et des producteurs.
La stabilité financière comme condition
Cette recherche d’un financement plus important de l’économie doit toutefois s’accompagner d’une attention portée aux risques. C’est également dans cette perspective que la situation de la microfinance a été retenue comme second point de vigilance lors de la session du CNC.
Essowè Georges Barcola a appelé à l’exécution stricte des plans de redressement des institutions concernées afin de préserver l’épargne des populations.
Le message qui ressort des travaux du CNC est ainsi double : davantage de ressources doivent pouvoir atteindre les secteurs productifs, mais dans un environnement financier suffisamment solide pour préserver l’épargne et limiter les risques.
Avec une croissance projetée à 6,3% en 2026, le débat économique togolais ne porte donc pas seulement sur le niveau de l’activité. Il porte également sur la capacité du système financier à accompagner cette dynamique en facilitant l’investissement et le développement de l’agriculture et des TPME, tout en maintenant les conditions de stabilité nécessaires au fonctionnement du secteur financier.
Gabriel BLIVI
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
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