(La Nouvelle République)-À Adétikopé, dans la commune Agoè-Nyivé 6, l’insalubrité a atteint un niveau alarmant. Partout, dans les coins et recoins des quartiers, aux carrefours, au milieu même des habitations, des dépotoirs sauvages surgissent et s’étendent sous le regard impuissant ou indifférent des autorités locales.
Des dépotoirs au cœur des habitations
À Adétikopé, les dépotoirs sauvages ne sont plus périphériques. Ils se retrouvent au cœur même des zones d’habitation, parfois à quelques mètres des maisons. Les odeurs nauséabondes, la prolifération des moustiques et des rongeurs font désormais partie du quotidien.
« Les ordures sont partout, même devant nos maisons et aux carrefours. Quand on se plaint, on nous dit qu’il n’y a pas de moyens pour enlever les déchets. Pourtant, nous payons des taxes », confie un habitant visiblement exaspéré.
Le lycée d’Adétikopé encerclé par les ordures
Même les établissements scolaires ne sont pas épargnés par cette situation. Le Lycée d’Adétikopé, principal établissement secondaire de la localité, est entouré de dépotoirs sauvages. Aux abords de l’école, les tas d’ordures s’accumulent, exposant élèves et enseignants à un environnement insalubre.
« Nos enfants passent chaque jour devant les dépotoirs pour aller à l’école. Parfois, on brûle les déchets pendant qu’ils circulent. La fumée est insupportable et dangereuse », déplore une mère de famille habitant à proximité du lycée.
Incivisme des habitants un facteur aggravant
Le phénomène est également alimenté par le comportement incivique de certains habitants. En l’absence de contrôle strict, des citoyens jettent volontairement leurs déchets dans les espaces publics, transformant rues et carrefours en décharges à ciel ouvert.
Ce manque de civisme montre un déficit de sensibilisation, mais aussi une banalisation de pratiques nuisibles, encouragée par l’absence de sanctions visibles.
Laxisme communal et absence de gestion structurée
Pour de nombreux observateurs locaux, la responsabilité de la mairie de la commune Agoè-Nyivé 6 est clairement engagée. Aucun système efficace de gestion des déchets ne semble opérationnel sur le terrain. Les bacs à ordures sont rares, la collecte irrégulière et les solutions de traitement quasi inexistantes.
« Le vrai problème, c’est l’absence totale d’un système organisé de gestion des déchets. Il n’y a pas assez de bacs, pas de collecte régulière et presque pas de sensibilisation. Tant que la commune ne mettra pas en place une stratégie durable, les dépotoirs sauvages vont continuer », explique un responsable d’association locale de citoyenneté.

Brûlage des déchets une fausse solution dangereuse
Face à l’ampleur des dépotoirs, certaines initiatives se limitent au brûlage des déchets à ciel ouvert. Ces feux sont parfois allumés en pleine journée, à des heures où les populations circulent, respirent et travaillent.
« Brûler les déchets à ciel ouvert ne règle rien. Cela pollue l’air, expose les populations à des maladies respiratoires et aggrave les problèmes environnementaux. On règle un problème en en créant un autre », alerte le même acteur communautaire.
Cette pratique, loin de résoudre le problème de l’insalubrité, crée une pollution atmosphérique supplémentaire et met en danger la santé publique.
Une urgence sanitaire qui appelle des actions immédiates
À Adétikopé, l’insalubrité n’est plus un simple désagrément. Elle est devenue une urgence sanitaire et environnementale. Lorsque même un établissement scolaire est touché, c’est toute la société locale qui est interpellée.
Les populations appellent à une réaction ferme des autorités communales. Mise en place d’un véritable système de gestion des déchets, sensibilisation des habitants, sanctions contre les comportements inciviques et abandon du brûlage à ciel ouvert. Sans actions concrètes et durables, Adétikopé continuera de s’enfoncer dans une crise de salubrité dont les premières victimes resteront les habitants, et surtout la jeunesse.
Gabriel BLIVI
