(La Nouvelle République)-Une nouvelle étude scientifique, intitulée Coupled climate–land-use interactions modulate projected heatwave intensification across Africa, met en lumière l’effet combiné du changement climatique et de l’utilisation des sols sur l’intensification des vagues de chaleur à travers l’Afrique.
Selon ce rapport publié dans Communications Earth & Environment, certaines régions d’Afrique pourraient voir la durée et la fréquence de leurs vagues de chaleur multipliées par 12 d’ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre continuent d’augmenter. Dans certains scénarios, la majorité des régions africaines (hors Madagascar) pourrait connaître 250 à 300 jours de vagues de chaleur par an à partir de 2065, ce qui correspond à une quasi‑persistance d’extrêmes thermiques tout au long de l’année.
Les chercheurs soulignent que l’expansion des terres agricoles et des pâturages amplifie les vagues de chaleur dans plusieurs régions, notamment dans le sud-ouest et l’Afrique de l’Ouest. À l’inverse, des scénarios de réduction des émissions et de gestion durable des terres permettraient de limiter ces effets extrêmes.
Selon l’un des auteurs, « Nos résultats montrent clairement que le changement climatique et l’usage des terres ne peuvent pas être considérés séparément ». L’étude recommande donc d’intégrer ces interactions dans les modèles climatiques ainsi que dans les stratégies locales d’adaptation, notamment pour l’agriculture et les systèmes d’alerte précoce.
Avec des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, l’Afrique se trouve à un tournant critique, car des décisions sur la gestion des sols et la réduction des émissions pourraient faire une différence majeure pour la santé et la sécurité alimentaire de millions de personnes.
Gabriel BLIVI
