(La Nouvelle République)-À l’occasion de l’ouverture, mercredi 12 août, de la 7ᵉ édition du Forum sous-régional de la jeunesse sur la paix, la sécurité et les droits de l’Homme qui se déroule à Bouaké en Côte d’Ivoire, le président du Réseau Ouest Africain pour la Paix et les Droits de l’Homme (ROAPDH), Gadje Koudjo, a placé la question de la participation des jeunes au cœur des échanges. Devant les délégations venues de plusieurs pays, il a appelé à revoir la manière dont la jeunesse est considérée dans les politiques de paix et de sécurité.
Dans son intervention, le président du ROAPDH a notamment relevé que les jeunes sont déjà présents au premier plan dans les communautés, où ils peuvent contribuer à détecter les signes de tensions, de radicalisation et de conflits. Pour lui, leur rôle ne doit donc plus se limiter à celui de bénéficiaires des initiatives publiques. « Trop longtemps, les jeunes ont été considérés comme des bénéficiaires passifs, ou pire, comme une menace. Il est temps de changer de paradigme », a-t-il déclaré.
Cette nouvelle approche, selon Gadje Koudjo, suppose de renforcer les capacités des jeunes, de favoriser leur engagement civique et de leur ouvrir davantage les espaces de décision. Il a également défendu une coopération régionale plus forte, estimant que les crises sécuritaires qui traversent l’Afrique de l’Ouest et le Sahel dépassent largement les frontières nationales.
À Bouaké, son message s’inscrit ainsi dans la volonté du ROAPDH de faire de la jeunesse une partie prenante des réponses aux crises. Il s’agit notamment de permettre aux jeunes de participer à la prévention des conflits, à la médiation communautaire et au renforcement de la cohésion sociale, plutôt que de les considérer uniquement comme les destinataires des politiques de paix.
Gabriel BLIVI (Depuis Bouaké)
