(La Nouvelle République)- La 7ᵉ édition du Forum sous-régional de la jeunesse sur la paix, la sécurité et les droits de l’Homme s’est ouverte mercredi 12 août 2026 à Bouaké, en Côte d’Ivoire. Organisée par le Réseau Ouest Africain pour la Paix et les Droits de l’Homme (ROAPDH), la rencontre rassemble des jeunes venus de plusieurs pays ainsi que des acteurs institutionnels et de la société civile.

Placée sous le haut parrainage d’Amadou Koné, ministre des Transports, des Affaires maritimes et maire de Bouaké, cette édition est consacrée au thème : « Jeunesse et coopération régionale : l’implication des jeunes dans la prévention des conflits pour construire des sociétés pacifiques et résilientes en Afrique de l’Ouest et au Sahel ».

Gadje Koudjo appelle à faire confiance à la jeunesse
À l’ouverture des travaux, le président du ROAPDH, Gadje Koudjo, a placé la jeunesse au centre des réponses aux crises qui affectent l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Pour lui, la forte présence des jeunes dans la population régionale représente à la fois un défi et une opportunité pour l’avenir du continent.
Il a relevé que les difficultés sécuritaires, le chômage, les effets du changement climatique et le manque de perspectives peuvent fragiliser une jeunesse laissée en marge des processus de décision. À l’inverse, une jeunesse formée, engagée et responsabilisée peut devenir un véritable levier de stabilité.
« Les conflits sont transfrontaliers. La solution ne peut donc être que régionale », a-t-il déclaré, estimant qu’aucun État ne peut, à lui seul, répondre efficacement aux menaces qui dépassent les frontières nationales.
Gadje Koudjo a également défendu une implication plus importante des jeunes dans les mécanismes de prévention. « Trop longtemps, les jeunes ont été considérés comme des bénéficiaires passifs, ou pire, comme une menace. Il est temps de changer de paradigme », a-t-il insisté.
Selon lui, les jeunes sont souvent les premiers à percevoir les signes de tensions, de radicalisation ou de conflits dans leurs communautés. Le forum entend donc renforcer leurs capacités afin qu’ils puissent contribuer davantage à la médiation, à la cohésion sociale et à la coopération régionale.

La paix comme engagement quotidien
Coordonnateur général du forum et représentant pays du ROAPDH en Côte d’Ivoire, Sekongo Katongo Félix a, pour sa part, présenté Bouaké comme un symbole de résilience et de dialogue. Il a rappelé que la construction de la paix ne peut se limiter à l’absence de conflits armés.
« La paix ne consiste pas uniquement à faire taire les armes. La paix est une culture, un état d’esprit, un engagement quotidien », a-t-il affirmé.
Il a également rappelé l’engagement du ROAPDH en faveur de la formation de la jeunesse. Selon lui, plus de 30 000 jeunes ont déjà été formés dans différents domaines liés à la prévention des conflits, à l’engagement civique, à la lutte contre l’extrémisme violent et à la protection de l’environnement.
La sécurité, préalable au développement
Le représentant du ministre de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique a insisté sur le lien étroit entre sécurité et développement. « Tant qu’il n’y a pas de sécurité, on ne peut pas parler de développement », a-t-il souligné.
Il a appelé les jeunes à prendre une part active à la recherche de solutions face aux menaces qui touchent le continent. « Nos leaders, nos présidents se battent comme ils peuvent. Mais les véritables concernés, c’est vous », a-t-il lancé.

Des panels sur les principaux défis régionaux
Les travaux du forum se poursuivent autour de plusieurs thématiques, notamment la participation des jeunes femmes aux initiatives de paix, la coopération sécuritaire entre les États, les liens entre changement climatique et conflits, l’utilisation des réseaux sociaux pour promouvoir la paix et la prévention des conflits.
Des ateliers permettent également d’approfondir les questions liées à la gouvernance démocratique, à la médiation traditionnelle, à la prévention de l’extrémisme violent, à l’employabilité des jeunes et à leur accès aux espaces de décision.

Prévue jusqu’au 15 août, la rencontre doit déboucher sur l’adoption des « résolutions de Bouaké ». Une action communautaire, des activités culturelles ainsi que des visites à Yamoussoukro figurent également au programme de cette 7ᵉ édition.
Rappelons qu’une délégation d’une douzaine de jeunes Togolais, issus de profils divers, prend part à ce forum. Plusieurs d’entre eux interviennent notamment dans les différents panels de haut niveau inscrits au programme, contribuant ainsi aux échanges sur les enjeux de paix, de sécurité et de coopération régionale.
Gabriel BLIVI (Depuis Bouaké)
Journaliste de formation, il s’intéresse particulièrement à l’actualité politique, économique et sociale, ainsi qu’aux enjeux de gouvernance, de développement et de changement climatique au Togo et en Afrique.
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